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December 16

Pro Bruxsel: le nouveau parti anti-Bruxellois
Les partis politiques flamands entendent "récupérer" la ville-Région de Bruxelles bien qu'elle ne leur ait jamais appartenue et qu'elle soit peuplée par 90% de francophones. Ils se sont rendus compte que cet objectif peut être atteint à l'aide d'une complicité venant de l'intérieur de Bruxelles. Trois associations, dites "de la société civile bruxelloise", mais en réalité composées de nombreux non-bruxellois tentent d'influencer les médias et les faiseurs d’opinion. Ces trois associations sont BruXsel Forum, Manifesto, et Aula Magna et leur prolongement politique s'appelle "Pro Bruxsel".

 

Elles gravitent autour du flamand Phillipe Van Parijs qui utilise un discours fait de bonnes intentions pour convaincre les francophones du bien-fondé de ses positions sur l'avenir de Bruxelles qu'il publie dans des ouvrages du "mouvement flamand" (i.a. "Brussel morgen: vier scenario's zonder taboes en zonder illusies", dans "Wat met Brussel", ed. Vlaamse Volksbeweging et Davidsfonds, décembre 2008, Lien). L’obsession de ces associations et du parti Pro Bruxsel est de réformer en profondeur les institutions bruxelloises afin d’asseoir de manière douce la main-mise de la Flandre sur Bruxelles.

 

BruXsel Forum

BruXsel est le nom international que l’association "BruXsel Forum" propose d'utiliser pour parler de Bruxelles. Le site Bruxsel Forum est géré par des personnes "bénévoles et multilingues, issus de la société civile bruxelloise". Ces personnes se cachent dans l’anonymat. En octobre 2006, l'association lançait l'appel "Nous existons ! Wij bestaan ! We exist !" (Lien vers l'appel). Cet appel a été signé par les associations Manifesto et Aula Magna. Le parti politique "Pro Bruxsel" est le prolongement de ce forum (Lien: Site Pro Bruxsel et Blog Pro Bruxsel).

 

Manifesto

Manifesto est une association, dite de "Bruxellois" (Lien: Manifesto), qui a pour objet "de promouvoir par diverses actions (la distribution d’imprimés, des prises de contact avec la presse et les politiciens, des récoltes de signatures, etc.) de défendre ou promouvoir les idées exposées" dans les "Manifestes Bruxellois" de février 2003 et de mai 2007 (Liens: Manifeste de 2003; Manifeste de 2007). Parmi les 14 personnes qui ont constitué cette association, près de la moitié ne sont pourtant pas des bruxellois (Lien vers les status : Les status de Manifesto).

 

Aula Magna

Aula Magna est une association "née d'une initiative d'un petit groupe de Bruxellois désireux de penser le futur de leur ville-région" (Lien: Aula Magna). Elle rassemble "des citoyens bruxellois qui souhaient réconcilier, d'une manière intelligente, le bien-être de tous les habitants de la ville avec son rôle de capitale belge et européenne". Parmi les membres du comité d’Aula Magna, on retrouve Alain Maskens, le Président de Manifesto, Philippe Van Parijs, et Alain Deneef (Lire "Une autre approche de la question bruxelloise"), Administrateur de Sociétés et Président du Fonds Quartier Européen.

 

Les francophones sont une "minorité linguistique" à Bruxelles

Ces associations estiment que les francophones sont une "minorité" à Bruxelles alors que toutes les statistiques disponibles démontrent que la Région bilingue de Bruxelles est francophone à 90% et néerlandophone à 10% (Lien: Bruxelles n'est pas la capitale de la Flandre): "Pas mal d’études démontrent qu’il y a 40% de familles francophones à Bruxelles. Le reste, c’est mélangé" déclare Philippe Delstanche, Président de Pro-Bruxsel, dans le journal Metro du 8 décembre 2008. Pour arriver à ce résultat, il faut distinguer la proportion de la population qui peut être considérée comme "belge de souche", "d’origine européenne non-belge" et "d’origine non-européenne" (cfr Philippe Van Parijs: "Bruxelles Capitale de l'Europe: les nouveaux défis linguistiques", Brusselsstudies). En clair, les belges de langue française mais d'origine étrangère ne sont pas considérés comme des francophones au motif qu'ils ne sont pas "belges de souche".

 

Cette différenciation des bruxellois en fonction de leur origine ethnique est très discutable d'un point de vue moral. Elle est également absurde. En appliquant cette méthode à Paris, le statut linguistique français de Paris serait contesté ... parce qu'habitée par de nombreux français issus de l'immigration! Ces associations et Pro Bruxsel estiment aussi que Bruxelles ne doit plus assumer le rôle de capitale de la Communauté française de Belgique. Dans son dernier manifeste ("Pour une meilleure gouvernance de Bruxelles"), BruXsel Forum - soutenu par Aula Magna et Manifesto – avance des propositions pour une meilleure gouvernance de Bruxelles qui "doit permettre à la Ville Région d’assumer le rôle de capitale de la Belgique et de l’Europe".

 

Pas d'élargissement de Bruxelles et pas de protection des francophones de la périphérie

 

Pro Bruxsel veut un fédéralisme fondé exclusivement sur les Régions et réclame donc le transfert aux Régions de toutes les compétences actuellement confiées aux Communautés. Cela signifie la suppression pure et simple des écoles francophones dans la périphérie bruxelloise, déjà menacée par le décret voté le 13 décembre 2008 par la Commission enseignement du Parlement Flamand qui offre la possibilité à la Communauté flamande d’inspecter ces mêmes écoles. Pro Bruxsel s'est également insurgé contre la procédure en conflit d'intérêts introduite par Parlement de la Commission Communautaire française de Bruxelles afin d'empêcher le Parlement flamand d'adopter définitivement ce transfert de l'inspection scolaire des écoles francophones à la Flandre.
Les facilités linguistiques ne seront pas sauvées par Pro Bruxsel. Ce parti exige que les institutions bruxelloises ne s'occupent pas d'un problème "dont l'origine se trouve dans une autre région". Philippe Van Parijs (Aula Magna) précise: "Oui, il (le gouvernement flamand) peut appliquer le principe de territorialité linguistique. Cela signifie que tous les immigrants sont les bienvenus, mais que, s'ils veulent s'installer sur le territoire, ils doivent avoir le courage et l'humilité d'apprendre la langue locale ... les facilités me paraissent une bonne chose, à condition qu'elles soient perçues comme transitoires" (Le Vif/L'express, 25/06/04).

Pour Pro-Bruxsel, la question de la nomination ou non des bourgmestres francophones de la périphérie bruxelloise dépend juridiquement exclusivement du pouvoir régional, flamand en l'occurrence, qui a choisi démocratiquement une règle de nomination différente de celle en vigueur dans les deux autres régions. Philippe Delstanche déclare dans le journal Métro "nous pensons que nous, Bruxellois, n’avons pas à nous mêler de ce genre de situation. ". Le parti souligne cependant que la Région flamande n'était pas dispensée de faire preuve de bon sens sinon de respect pour l'expression de la volonté populaire (Lien: Actu24: Bourgmestres: Pro

Bruxsel renvoie flamands et francophones dos à dos).

 

Pro-Bruxsel est contre l’élargissement de Bruxelles aux six communes à facilités linguistiques, situées en Flandre depuis le tracé arbitraire de la frontière linguistique en 1963. "Cela ne résoudrait rien, ni la paupérisation du centre-ville, ni le problème des chômeurs, ni la mauvaise gestion d’Actiris (l’Office régional bruxellois de l’emploi) etc. Il y a d’autres débats bien plus urgents." Et selon Henri Goldman (Aula Magna), les nombreux francophones de la périphérie Bruxelloise, qui ont été placés contre leur volonté dans la Région linguistique flamande, ne pourront pas se prononcer en faveur de leur rattachement à la Région bruxelloise au motif qu'ils ne seraient pas "urbains" (Lien: "L'extension des limites de Bruxelles est une stupidité").

 

Scission de l'arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Halle-Vilvorde (BHV)

 

Pro-Bruxsel s'oppose à ce que les insitutions bruxelloises introduisent des procédures en conflit d'intérêts afin d'empêcher la scission de l'arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Pour rappel, cette scission enclaverait définitivement la Région de Bruxelles dans un Etat-fédéré Flamand (lire: Les vrais enjeux de la scission de BHV). Concrètement les droits et les libertés fondamentaux des francophones de Bruxelles et de sa périphérie annexée seraient fragilisés et à terme supprimés. Philippe Delstanche donne une interprétation édifiante de ces graves violations des Droits de l'Homme: "si on scinde BHV, il (Olivier Maingain) perd la moitié de son électorat. Donc, il y a des gens qui s’arrangent très bien de cette situation. Elle sert leur intérêt personnel." (Metro).

 

Suppression des compétences de la Communauté Française à Bruxelles
Bruxsel Forum le déclare d'emblée "C'est en rédigeant en un français simplifié qu'on a le plus de chances d'être compris par un maximum de BruXsellois de toutes langues. Une sorte de lingua franca qui mêle parfois des mots de plusieurs langues et que l'on utilise pour se faire comprendre." On a compris l'importance que portent nos "bruxellois de la société civile" à la langue et à la culture française. Quelques exemples ont été donnés récemment par le Ministre bruxellois des Transports, le flamand Pascal Smet (SP, socialiste) de ce que pourrait être cette nouvelle langue. La société de transport publique bruxellois (Stib) a ouvert des enseignes "Bootik" et "Kiosk", des termes à forte connation néerlandophone.

 

La première priorité est de supprimer totalement les compétences de la Communauté flamande et de la Communauté française dans l’enseignement fondamental et secondaire en Région bruxelloise. L’objectif est d’arriver à un système d'enseignement multilingue (4 langues) à Bruxelles "métropole internationale, multilingue et cosmopolite" qui intègrerait le néerlandais et le français, et l’anglais mais également d’autres langues (Lien: Pro-Bruxsel: Pour une régionalisation de l'enseignement). Philippe Delstanche précise: "Construire une identité sur la base d’une langue, c’est ridicule. Aussi, nous revendiquons un enseignement bilingue dès la maternelle – et multilingue dans le secondaire – régionalisé."

 

La régionalisation de l'enseignement permettrait de réduire le taux de chômage à Bruxelles selon Philippe Delstanche "nous sommes censés être une région bilingue ! Résultat ? 80 % des policiers bruxellois viennent de Flandres, car la police se doit d'être bilingue, mais les Bruxellois ne le sont pas…". Or c'est précisément le cadre linguistique (qui garantit de 30% à 50% min des emplois administratifs aux flamands) et les exigences linguistiques en décalage complet avec la réalité socio-économique de Bruxelles qui réduisent l'accès à l'emploi pour les francophones (Lien: Discriminations et injustices dans l'administration bruxelloise).

 

Il serait plus juste et plus efficace de supprimer ces discriminations au lieu de flamandiser les francophones comme le propose Pro Bruxsel. Au contraire, Pro Bruxsel souhaite accentuer ces discriminations en visant le passage d'un bilinguisme des services (la présence du néerlandais et du français au sein d'un service public) au bilinguisme des agents (obligation de bilinguisme pour tous les employés même s'ils ne sont pas en contact avec les clients): "Au niveau des critères d’emplois on tolère, à court terme, un bilinguisme de service dans tous les services au public tout en visant à terme un bilinguisme effectif des agents."

 

Pro Bruxsel relaie ainsi les revendications flamandes que la Flandre ressasse depuis tant d'années. La connaissance de langues étrangères, et en particulier le néerlandais, constitue certainement un atout pour Bruxelles et pour ses habitants. Mais aucune forme, explicite ou implicite, de régionalisation de l’enseignement ou de la culture qui nierait l'identité française des francophones de bruxelles ne peut être envisagée: la Communauté française (COCOF) doit rester le seul pouvoir législatif et organisateur de l’enseignement français à Bruxelles. N'est-il d'ailleurs pas étonnant de voir à quel point Van Parijs et ses adeptes insistent sur le multilinguisme de Bruxelles tout en imposant l'unilinguisme dans la Région Flamande?

 

Transfert des principales compétences communales vers la Région

 

Pro Bruxsel demande le transfert de compétences telles que la mobilité, l’urbanisme, les travaux publics, la gestion de l’environnement , la police, etc. vers la Région. Que resterait-il dès lors aux 19 communes ? En tout cas, l’état civil, l’aide sociale, peut-être certaines compétences relatives à l’entretien de l’espace public, et ... une antenne de police. Ce transfert de compétences devrait permettre une meilleure gouvernance de Bruxelles. A certains égards, l’actuel modèle de fonctionnement, fait de fractionnement des compétences et d’une multiplicité d’acteurs, nuit à la cohérence et à l’efficacité de l’action publique à Bruxelles.

 

Le transfert de compétences communales à la Région est surtout une revendication flamande qui tente à faire passer au niveau régional des pouvoirs actuellement exercés par les communes où il n’y a pas de représentation garantie de la minorité flamande à l’exception de la présence d’au moins un flamand dans chaque collège. La co-gestion de Bruxelles que la Flandre appelle de ses vœux passe inéluctablement par le transfert de compétences vers les niveaux de pouvoir où les flamands sont surreprésentés. Les flamands bénéficient en effet d'une large surreprésentation au Parlement bruxellois (représentation non proportionnelle de 12 sièges sur 89) et la parité à l'exécutif régional: 10% de flamands contrôlent 50% de l'exécutif.

 

Cela signifirait la rupture d'un "équilibre" institutionnel déjà fragile et contesté. En effet, l’écart entre proportion de la population et représentation, qui existe au niveau de la Région est "atténuée" politiquement par une représentation plus "proportionnelle" de la population dans 19 conseils communaux, où on trouve en moyenne 9 échevins francophones pour 1 échevin néerlandophone, ce qui est à peu près conforme à la répartition linguistique de la population dans les communes et, donc, des Bruxellois. Le transfert de la représentativité locale des francophones au profit d’un exécutif régional où leur représentation politique est limitée à 50% constituerait un déficit démocratique grave, qui bafoue les principes généraux en vigueur au Conseil de l’Europe.

 

Le redécoupage des frontières communales
BruXsel forum a réalisé une nouvelle carte qui propose un redécoupage des communes bruxelloises qu’elle estime plus rationnel:

  • Laeken, Neder-Over-Heembeek, Haren et le Pentagone bruxellois deviendraient de nouvelles communes pour porter le nombre de communes bruxelloises à 22.

  • Des infrastructures stratégiques comme le port de Bruxelles, le Parc des Expositions du Heysel, l’Atomium, le Palais des Congrès, le stade Roi Baudouin, le bois de la Cambre et la forêt de Soignes seraient de compétence régionale.

 

La nouvelle carte de Bruxelles: redécoupage des communes et transfert des infrastructures stratégiques vers l'éxécutif régional où les flamands ont une représentation garantie de 50%. En clair, la cogestion effective d'une partie de Bruxelles que la Flandre appelle de ses voeux. Cliquez pour élargir

 

Révision de la loi de financement

 

Pro-Bruxsel fait le constat que le financement des Régions est défavorable à Bruxelles. En effet, les Régions sont principalement financées sur la base des prélèvements en matière d'impôt sur le revenu des personnes physiques qui résident sur leur territoire. Or la moitié des personnes qui travaillent à Bruxelles paient leurs impôts ailleurs en Belgique. Les charges qu'elles entraînent (transports, infrastructure, pollution…) doivent être supportées par la Région bruxelloise, tandis que les recettes qu'elles génèrent bénéficient aux autres Régions. Pro Bruxsel revendique donc une perception de l'IPP (impôt sur les personnes physiques) en fonction du lieu de travail et non plus de résidence. Cela signifie aussi la scission financière entre Wallonie et Bruxelles, petite enclave située en Flandre.

 

La révision de la loi de financement est présentée comme une des initiatives qui permettrait de renforcer le statut de Bruxelles en tant que Région à part entière. La majorité linguistique en Belgique en a pourtant décidé autrement. La troisième résolution concernant « les lignes de force pour une nouvelle réforme de l’Etat », adoptées par le Parlement flamand le 3 mars 1999, tous partis flamands confondus, préconise en effet l’instauration d’une nouvelle structure institutionnelle, basée sur la coexistence de deux Etats, l’Etat flamand et l’Etat wallon et la gestion à parité par ces nouvelles entités de la Région bruxelloise. Cette résolution a été confirmée par le Parlement flamand en février 2003, par l’accord du 22 juillet 2004 du Gouvernement flamand et par la déclaration gouvernementale complémentaire du 18 Mai 2005.

 

Publié par Olivier Salomé

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Nouvelle politique d'urbanisme: la Flandre peut choisir ses habitants

mercredi 10 décembre 2008

Le gouvernement flamand a approuvé le vendredi 5 décembre le nouveau décret sur la "Politique du Sol et des Bâtiments" ("grond- en pandenbeleid") proposé par Marino Keulen ("Open VLD", libéraux flamands), Ministre des Affaires Intérieures, de la politique urbaine, du logement et de l’intégration civique de la Région flamande, et Dirk Van Mechelen ("Open VLD"), Ministre des Finances et du budget et de l'aménagement du territoire (Lien: De Morgen: "Nieuwe huizen in 'dure' gemeenten voor wie 'band' met gemeente heeft"). Ce décret complète le "Code du Logement" (Lien: Wooncode: le code flamand du logement) qui restreint l'accès aux logements sociaux aux personnes qui parlent ou qui ont pris l'engagement d'apprendre le néerlandais.

 

Le nouveau décret ne contient pas d'exigence linguistique. Par contre, l'accès aux terrains et habitations est réservé aux candidats qui prouvent qu'ils ont un "lien suffisant avec la commune". Cette condition ne s'applique que dans les communes à forte pression migratoire et à prix élevés. Ces communes sont situées dans la province d'Anvers, où des hollandais viennent s'installer, et dans la périphérie de Bruxelles, où vivent de nombreux francophones et des expatriés. Le lien dont il est question fait référence au domicile du candidat et à son lieu de travail mais aussi à des considérations sociales, familiales et économiques. C'est une commission d’évaluation provinciale qui décidera si le candidat dispose d’un lien suffisant avec la commune.

 

L'objectif est clair: réduire la présence de francophones et de personnes d'origine étrangère en Région Flamande. La chambre flamande du Conseil d'Etat n'a pas émis d'objections contre cette atteinte à la libre circulation des personnes. La Région Flamande en déduit que le décret est conforme à l'article 23 de la Constitution. Il faut toutefois rappeller que cette même chambre flamande avait approuvé la circulaire Peeters, fermement condamnée par le Conseil de l'Europe le mardi 2 décembre (Lien: Le Conseil de l'Europe condamne fermement la Flandre, et le Code du Logement, épinglé par la Commission Européenne et l'ONU (Lien: Les Nations-Unies préoccupées par les pratiques flamandes).

 

Extrait du Décret:

 

"Cela concerne spécifiquement les zones d’extension résidentielle qui sont situés dans des communes au prix du terrain à bâtir élever et une haute "intensité-migratoire". Ces zones sont soumises à la condition que les terrains et les constructions soient proposés uniquement aux personnes qui, selon la décision d’une commission d’évaluation provinciale, disposent d’un lien suffisant avec la commune; cette condition s’applique même si le bien proposé est transféré endéans une période de vingt ans. [...] Les critères ne sont pas uniquement liés au domicile et au lieu de travail; il est aussi prévu que des … considérations sociales, familiales et économiques puissent être prises en compte."

 

Le décret approuvé par le Gouvernement Flamand: il ne faut pas être bilingue pour avoir accès à un logement, il faut prouver "un lien suffisant" avec le lieu de résidence (pp. 80-83).

Décret Grond en Pandenbeleid

 

Publié par Olivier Salomé

http://francophonedebruxelles.blogspot.com

1:33 PM GMT  |  Read comments(0)

Le Monde et Rue89: la démocratie belge sous surveillance

Le Monde: le Conseil de l'Europe a decidé de placer la Belgique sous surveillance

Jean-Pierre Stroobants

06 Dec 2008

"Le Conseil de l'Europe a décidé de placer la Belgique sous surveillance"

 

L'intrusion du Conseil de l'Europe dans le très complexe débat belgo-belge a rendu un peu plus improbable un accord institutionnel entre francophones et Flamands. Mardi 2 décembre, à Strasbourg, le Congrès des pouvoirs locaux de l'assemblée a condamné l'intransigeance du ministre régional flamand, Marino Keulen. Ce responsable libéral refuse de nommer formellement les bourgmestres (maires) francophones de trois communes situées en territoire flamand, à la périphérie de Bruxelles, pourtant élus, chacun, à une très large majorité.
Le ministre leur reproche d'avoir, lors des élections municipales de 2006, enfreint les règlements régionaux en envoyant aux habitants de leur municipalité des convocations électorales dans leur langue et pas uniquement en néerlandais. Depuis lors, il les empêche de prendre leurs fonctions en refusant de procéder à leur nomination, formalité indispensable que lui confie la législation belge en vertu de son pouvoir de tutelle.

 

Le Conseil de l'Europe a, en fait, confirmé le contenu d'un rapport d'enquête rédigé en mai par deux de ses membres, un Serbe et un Français. Il a jugé "disproportionnée" la sanction frappant les trois bourgmestres, réclamé leur nomination immédiate et demandé la révision des lois linguistiques en vigueur en Belgique. L'assemblée entend aussi placer la Belgique sous surveillance ("monitoring") pour l'inciter à bien appliquer la Charte de l'autonomie locale, qu'elle a ratifiée en 2004.

 

En confortant la thèse francophone, l'assemblée de Strasbourg a indisposé le gouvernement flamand. En réponse, M. Keulen a estimé que le débat était uniquement juridique et ne s'est soucié que de l'image de la Flandre à l'étranger. Jean-Louis Testud, adjoint (UMP) au maire de Suresnes, l'avait qualifiée de "xénophobe et égoïste" à Strasbourg. Le lendemain, le ministre flamand a donc évoqué un programme d'invitations à lancer aux "faiseurs d'opinion" du monde entier.

 

Le "dialogue de communauté à communauté" censé déboucher sur un nouveau pacte institutionnel entre Flamands et francophones en Belgique est, du coup, très menacé. "Une tombe pour le dialogue ; par ici, les funérailles", a écrit le quotidien La Libre Belgique. Commencée il y a quelques semaines, la discussion a, sur certains sujets, engrangé des résultats minimes et, sur d'autres, confirmé les blocages, comme sur la sécurité routière, les implantations commerciales, l'adoption ou le partage de collections botaniques encore fédérales... Des thèmes manifestement mineurs au regard de certaines revendications flamandes : régionalisation de l'emploi, des transports et d'une partie de la santé, avenir de la région-capitale de Bruxelles, vaste révision de la Constitution, etc.

 

Le "dialogue", conduit notamment par Kris Peeters, président du gouvernement régional de Flandre, était la solution imaginée pour permettre au gouvernement fédéral d'Yves Leterme de survivre en écartant de cette route tous les sujets qui, depuis un an et demi, divisaient les deux grandes communautés belges.

 

Cette négociation a-t-elle encore la moindre chance d'aboutir ? Non, si l'on entend reparler de la nomination des trois bourgmestres, indique le gouvernement de la Flandre. "La classe politique belge joue avec le feu, c'est du suicide collectif", a expliqué, au quotidien Le Soir, Armand De Decker, leader de la délégation francophone et président du Sénat. "Reprenons le dialogue", plaidait-il.

 

Rue89: La démocratie locale belge placée sous monitoring

Par Jean-Paul Nassaux, politologue

 

04 Dec 2008

 

"La démocratie locale belge placée sous monitoring"

 

Ce mardi 2 décembre, la Chambre des pouvoirs locaux du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a adopté une résolution et une recommandation traitant de la démocratie locale en Belgique, décidant notamment de mettre la démocratie locale belge sous surveillance.

 

Une attention particulière sera attachée à l’évolution des manquements à la Charte européenne de l’autonomie locale constatés par les rapporteurs au cours de leur mission d’enquête. Le vote de cette résolution fait, en effet, suite à l’enquête menée par une délégation du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe les 13 et 14 mai derniers sur la non-nomination de trois bourgmestres (maires) de communes à facilités de la périphérie bruxelloise situées en Région flamande.

 

La délégation du Congrès était composée des rapporteurs Michel Guégan (France) et Dobrica Milovanic (Serbie). Sa mission consistait à examiner cette non-nomination au regard de la Charte européenne de l’autonomie locale et donc des engagements pris par la Belgique devant le Conseil de l’Europe, puisque ce pays a ratifié cette charte en 2004.

 

Après avoir rencontré des responsables politiques des divers niveaux de pouvoir (fédéral, régional, communautaire, local) appartenant aux trois communautés (flamande, francophone et germanophone), les rapporteurs ont relevé la gravité de la situation dans les trois communes concernées.

 

Le ministre de l'Intérieur invité à nommer sans délai les bourgmestres

 

Constatant que la non-nomination des bourgmestres démocratiquement élus remontait à janvier 2007, ils ont estimé que le délai raisonnable était dépassé et mis en cause la responsabilité des pouvoirs publics, en l’occurrence les autorités flamandes.

 

Le 31 octobre 2008, la Commission institutionnelle de la Chambre des pouvoirs locaux vota à l’unanimité une recommandation aux autorités belges afin qu’elles encouragent le ministre flamand de l’Intérieur à nommer sans délai les trois bourgmestres.

 

Cette recommandation préconise aussi que les autorités belges révisent les lois linguistiques, notamment quant à leur application dans les communes à facilités, de façon à permettre l’usage des deux langues lors des séances du conseil communal de même que par le bourgmestre et les échevins (adjoints au maire).

 

Elle recommande également qu’elles prônent un système d’élection des bourgmestres par le conseil communal et les citoyens et non plus par le ministre de tutelle (ce que la Wallonie est la seule Région belge à avoir mis en place, comme le préconisait une précédente recommandation adoptée par le Congrès).

 

La résolution votée ce 2 décembre se réfère à cette recommandation. Si les candidats bourgmestres ont effectué le déplacement à Strasbourg, le ministre flamand des Affaires intérieures a préféré s’y faire représenter.

 

Les trois candidats bourgmestres, Damien Thiéry, Arnold d’Oreye de Lantremange et François Van Hoobrouck d’Aspre, menaient des listes francophones dans les communes de Linkebeek, Kraainem et Wezembeek-Oppem.

 

La difficile cohabitation du français et du flamand

 

Ces communes de la périphérie bruxelloise appartiennent à la Région flamande mais sont majoritairement peuplées de francophones. Lors des communales de 2006, les listes francophones obtinrent 83,8% des voix à Linkebeek, 76,4% à Kraainem et 76% à Wezembeek-Oppem. C’est donc tout naturellement que leurs conseils communaux présentèrent ces personnalités à la signature du ministre flamand des Affaires intérieures pour qu’elles soient nommées bourgmestres.

 

Toutefois, celui-ci leur reprochant notamment d’avoir envoyé des convocations électorales directement en français aux citoyens francophones pour les élections de 2007 ne procéda pas à leur nomination.

 

Il faut savoir que les francophones des communes concernées disposent de "facilités" qui leur garantissent le droit d’obtenir les documents officiels dans leur langue. Ces facilités dépendent de la législation fédérale et ne peuvent être modifiées que par une loi spéciale qui requerrait une majorité dans les groupes linguistiques français et néerlandais des assemblées fédérales.

 

Cela n’a pas empêché le pouvoir régional flamand d’adopter des circulaires d’interprétation des facilités dans un sens restrictif. C’est le cas, notamment, de la circulaire Peeters qui impose aux communes à facilités d’adresser tous les documents administratifs en néerlandais à leurs administrés, obligeant les habitants francophones à effectuer chaque fois une démarche pour en recevoir une version française.

 

Contestée par les francophones sur le plan juridique, cette circulaire a été validée par la Chambre flamande du Conseil d’Etat le 23 décembre 2004. Cette jurisprudence a été confirmée, à propos d’opérations préparatoires aux élections de 2003, par un nouvel arrêt, le 19 juin 2008.

 

Venant après d’autres décisions des magistrats flamands du Conseil d’Etat défavorables aux francophones de la périphérie -par exemple, l’interdiction de l’usage du français lors des conseils communaux-, ces arrêts donnent aux francophones la désagréable impression que les flamands remettent en cause par la voie juridique des concessions qu’ils avaient faites sur le plan politique.

 

Une fermeté européenne sans conséquences?

 

La résolution du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux n’a pas de caractère contraignant et il ne fait aucun doute que les autorités flamandes, arc-boutées sur leur argumentaire juridique, ne la prendront pas en compte. Du côté francophone, certaines voix socialistes mettent d’ailleurs en garde contre "l’illusion" que le contentieux des bourgmestres de la périphérie bruxelloise puisse être réglé par le Conseil de l’Europe.

 

Néanmoins, des remontrances internationales –l’Union européenne s’était déjà montrée critique à l’égard du code flamand du logement social- s’ajoutant au tableau peu favorable de la Flandre dressé par de grands médias internationaux –dont l’Herald Tribune ou le New York Times- ne peuvent, à terme, la laisser indifférente…

 

Dans l’immédiat, l’affaire des bourgmestres non nommés continue d’empoisonner les relations entre Flamands et francophones et s’avère de nature à compromettre l’actuelle négociation communautaire qui doit aboutir à une nouvelle réforme de l’Etat.

 

Après la tension des 20 et 21 septembre, la discussion institutionnelle entre responsables politiques flamands et francophones a débuté le 7 octobre dernier et se poursuit à l’abri des projecteurs médiatiques. Kris Peeters, le ministre-président flamand, membre du parti du Premier ministre, le CD&V (chrétiens-démocrates flamands), y joue un rôle essentiel et entend bien engranger un accord.

 

Les élections régionales de juin 2009 en ligne de mire

 

Il apparaît que le CD&V aurait préféré éviter toute précipitation dans le dossier des bourgmestres francophones pour ne pas entraver cette négociation. Mais le ministre flamand des Affaires intérieures, le libéral Marino Keulen, a mis ses partenaires du gouvernement flamand devant le fait accompli en signant le 24 novembre un arrêt de non-nomination des dits bourgmestres, soit une bonne semaine avant la réunion du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe qui devait aborder ce problème.

 

Ce faisant, il compliquait délibérément la tâche de Kris Peeters, s’exposant au reproche de vouloir assurer à son parti un brevet de fermeté communautaire en vue des élections régionales de juin prochain, voire de causer des difficultés à son partenaire flamand du CD&V dans sa quête d’un accord communautaire.

 

Et effectivement, le processus de négociation se trouve sérieusement perturbé par les raidissements en chaîne des partis francophones et de Kris Peeters, contraint de se mettre sur la même ligne que son ministre des Affaires intérieures. Après une accalmie de deux mois, la fièvre communautaire remonte en Belgique.

 

Publié par Olivier Salomé

http://francophonedebruxelles.blogspot.com

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The Telegraph et EurActiv: conflit linguistique et démocratie en Belgique

lundi 8 décembre 2008

The Telegraph: Belgium 'placed on democracy watch list'
"La Belgique placée sur la liste de surveillance de la démocratie"
La Belgique a refusé de nommer trois mayeurs élus pour avoir parlé français.
By Bruno Waterfield in Brussels
03 Dec 2008
Les instances européennes de surveillance des Droits de l'Homme regardent de près maintenant la démocratie belge à la suite de la décision des autorités locales flamandes.
 
Le Conseil de l'Europe "a ouvert une procédure de monitoring de la démocratie locale" ravivant un conflit entre les belges de langue néerlandaise et les francophones qui a menacé l'existence de la Belgique.
 
Les autorités régionales flamandes bloquent la nomination de trois mayeurs de langue française depuis qu'ils ont été élus en Janvier 2007 dans les environs de Bruxelles à Linkebeek, Wezembeek-Oppen et Crainhem.
Marino Keulen, le Ministre Flamand de l'Intérieur responsable de l'interdiction, est resté intransigeant et a annoncé qu'il allait se tenir à sa décision de mettre hors-la-loi les mayeurs élus.
 
"La Flandre n'a pas été condamnée. Uniquement une cour peur imposer une condamnation", a-t-il dit. "J'aurais préféré une décision différente, parce que cela va faire les titres de la presse internationale, mais l'impact réel est nul".
 
Mr Keulen a insisté sur le fait que les trois mayeurs n'ont pas respecté la législation linguistique flamande qui interdit le français dans le cadre électoral même si les municipalités qu'ils représentent, bien que situées géographiquement en Flandre de langue néerlandaise, sont habitées essentiellement par des personnes de langue française.
 
Le Conseil de l'Europe a demandé que les trois mayeurs soient immédiatement nommés et a appelé à une révision des lois linguistiques belges qui ont été utilisées par les nationalistes flamands pour interdire l'usage de la langue française dans des municipalités autour de Bruxelles, qui abrite l'Union Européenne.
 
Damien Thiéry, le mayeur banni élu à Linkebeek, a dit aux instances de surveillance des Droits de l'Homme à Strasbourg qu'un appel légal en Belgique pourrait prendre cinq ans. "Vous êtes notre dernier recours. Sans vous, la démocratie va s'éteindre dans nos villes", a-t-il dit.
 
L'intervention du Conseil de l'Europe a accru la longue dispute entre les deux principales communautés en Belgique, la Région Flamande au nord plus riche et de langue néerlandaise et la Région Wallonne au sud francophone et plus pauvre.
 
La flandre, où vivent 60% des 10.5 millions d'habitants, a cherché davantage de pouvoir régionaux qui a mené à une impasse politique, ce qui signifie que la Belgique est sans gouvernement depuis les élections peu concluantes de Juin 2007.
De Standaard, un journal de langue néerlandaise, a conclu que "la critique de la politique flamande dans ce dossier fait un dommage considérable à son image".

 

 

EurActiv: Council of Europe slams Belgium over linguistic feud

 

"Le Conseil de l'Europe descend la Belgique sur la dispute linguistique"
Dans un geste inéquivoque, le Congrés des pouvoirs locaux de conseil de l'Europe a voté hier (2 décembre) d'imposer un monitoring général de la démocrate locale dans le pays qui abrite les institutions de l'Union Européenne à la suite de disputes linguistiques persistantes entre les communautés flamandes et de langue française dans la zone de Bruxelles.

 

Par une majorité écrasante, le Congrès du Conseil de l'Europe a adopté une recommandation et une résolution avancées par les rapporteur Michel Guégan (France) et Dobrica Milovanovic (Serbie). Leur mission en Belgique a commencé en Mai après le refus des autorités flamandes de nommer trois mayeurs dans des municipalités à statut linguistique spécial dans la zone de Bruxelles.

 

Les trois communes - Crainhem, Wezembeek-Oppem and Linkebeek - sont situées en Flandre mais elles ont des majorités de langue française. Les trois candidats de langue française ont gagné avec de larges majorités, mais le Gouvernement Flamand considère que leurs victoires sont faussées parce que les candidats ont envoyé des convocations électorales en français, ce qu'il prétend être illégal.

Dans ses remarques d'ouverture, le rapporteur Michel Guégan a déclaré qu'il était conscient du contexte politique de sensibilité extrême en Belgique et qu'il ne voulait aggraver la situation d'aucune façon. Il a ajouté qu'il avait reçu des lettres et des cartes d'insultes dans son village de Bretagne.

"Nous ne voulons pas stigmatiser la Région Flamande ou le Ministre de l'Intérieur … Je n'ai pas la prétention, ni l'audace, de me mêler du débat institutionnel belge", a dit Guégan, ajoutant "Il y a des des limites au masochisme".

 

Conflit juridique ou politique?

Les membres du Congrès ont appelé la dispute linguistique en Belgique "politique", et rejeté les vues du représentant officiel flamand Fons Borginon (représentation le Ministre Flamand de l'Intérieur Marino Keulen) qui croit que la controverse est de nature juridique.
Keulen lui-même n'a pas assisté à la session pour des raisons juridiques, a expliqué Borginon, insistant que le Conseil de l'Europe n'était pas l'endroit pour discuter d'interprétations de la législation belge.

 

"Pourquoi ne pas reporter le débat jusqu'à ce qu'une décision juridique soit prise?" a demandé Borginon. Il a ajouté qu'en obligeant Keulen à nommer les trois mayeurs, le Conseil de l'Europe l'obligerait à agir illégalement.

 

Parlant au nom des trois mayeurs, Damien Thiéry, le mayeur élu de Linkebeek, a insisté qu'il n'y a pas de document légal contraignant qui oblige les mayeurs dans les communes de la périphérie de Bruxelles à envoyer les convocations électorales en flamand. Il a protesté contre les "doubles standards", parce selon ses mots de nombreux candidats flamands à la mairie n'ont pas envoyé de convocations du tout et ont été nommés.

 

Les orateurs sont généralement allés dans le sens des mayeurs. Le membre du Congrès, le français Jean-Louis Testud, a même dit que "derrière cette mascarade se cache le souhait séparatiste d'une région qui veut garder sa richesse".
Le role de représentants français dans la dispute linguistique belge a déjà été critiqué par la presse belge, qui a considéré que, à cause de sa nationalité, Michel Guégan, n'était pas le meilleur choix en tant que rapporteur.
Après le débat, le Congrès a recommendé la nomination des trois mayeurs ou de procéder à de nouvelles élections. Il a aussi appelé à une révision de l'application des lois linguistiques dans les municipalites à statut spécial.

 

La Lettonie aussi sous le feu

 

Un autre pays européen a été descendu hier par le Conseil de l'Europe à cause de son échec à garantir aux "non-citoyens" (des résidents russes en Lettonie) le droit de vote au niveau local.
Une recommendation pressant Riga à garantir un tel droit de vote a été adoptée à la suite d'un débat tenu dans la Chambre des pouvoirs locaux, avec la participation de Oskars Kastens, le Ministre de l'intégration sociale de la Lettonie.
"Quelque 16% de la population en Lettonie, ou 370 mille personnes, ont le statut de "non-citoyens". Au-delà de ce titre qui implique leur exclusion, ils ne possèdent pas de facto les mêmes droits politiques que les citoyens Lettons", a insisté le Vice-Président du Congrès, Jean-Claude Frécon de la France, présentant son rapport sur la participation des non-citoyens au niveau local en Latvie.
Positions

Le rapporteur du Conseil de l'Europe Michel Guégan a insisté sur le fait que la Charte Européenne de la Démocratie Locale prime sur la législation nationale belge. "La charte européenne de la démocratie locale est notre unique référence qui nous a guidé dans notre travail jusqu'à présent. La Belgique l'a signée et l'a ratifiée, ce texte prime dans ce pays sur sa législation nationale", a insisté Guégan.
"Ce n'est pas par hasard que la Belgique est un des membres fondateurs du Conseil de l'Europe, parce qu'il partage les mêmes valeurs que cette organisation et a été un des Etats-membres les plus actifs depuis plus de 50 ans. C'est dans l'esprit de cet engagement que je vous shouhaite de travailler ensemblre pour améliorer la démocratie locale belge, où c 'est nécessaire", a-t-il conclu.

 

Dans une interview à Flanders Today, le Ministre Flamand de l'Intérieur, Marino Keulen, a insisté sur le fait, qu'il n'a pas nommé les trois candidats mayeurs parce qu'ils n'ont pas respecté la loi.

 

"Ils ont systématiquement violé la loi. Ils l'ont fait en 2006 quand ils n'ont pas réussi à organiser les élections en conformité avec les lois linguistiques. Ils l'ont aussi fait de manière répétée en autorisant des conseils communaux de se tenir en français. Ils ont systématiquement refusé d'obéir aux lois et aux décrets du gouvernement flamand et ont tourné l'opposition aux autorités flamandes en un sport national. Leur non-nomination est le résultat de ce conflit sans fin", a dit Keulen.

 

Le Ministre Flamand a ajouté que les trois candidats mayeurs feraient mieux de s'adresser à un plus haute cour belge plutôt qu'à une instance internationale. "Si les candidats mayeurs ne sont pas d'accord avec ma décsion, ils peuvent porter l'affaire au Conseil d'Etat (la cour suprême belge). En refusant de le faire, ils sautent une étape essentielle dans la procédure, puisque légalement le Conseil d'Etat est la seule institution qui peut revenir sur ma décision", a dit Keulen.

Vlaams Belang, un parti représentant la communauté flamande belge et qui supporte une Flandre indépendante, a appelé la décision du Conseil de l'Europe "le résultat du lobbying très intense de la communauté de langue française au sein des instances internationales". Le Vlaams Belang a aussi dit que le Conseil de l'Europe a sapé sa légitimité, en appelant le gouvernement Flamand de ne pas suivre ses conclusions "ridicules".

Publié par Olivier Salomé

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1:25 PM GMT  |  Read comments(0)

Bourgmestres: le nationaliste Fons Borginon représentera la Flandre à Strasbourg
Le Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l’Europe examinera ce mardi 2 décembre 2008 à Strasbourg le rapport sur la non-nomination des trois bourgmestres francophones de la périphérie (Liens: Le Conseil de l'Europe épingle les dénis d'égalité de traitement et de démocratie; Violence politique à Bruxelles: capitulation francophone, intervention européenne). Ceux-ci feront tous les trois le déplacement à Strasbourg. Le Ministre des Affaires Intérieures, de la politique urbaine, du logement et de l’intégration civique de la Région flamande, Marino Keulen (Open VLD, "Démocrates Libéraux Flamands") a refusé de se déplacer. C’est Fons Borginon qui le représentera. Au cabinet de Marino Keulen, on souligne qu’il connaît bien la législation linguistique et les relations communautaires en Belgique. Il connaît aussi très bien le fonctionnement du Conseil de l’Europe.

 

Fons Borginon est le petit-fils d'Henrik Borginon qui a fondé avec Staf De Clercq la "Vlaamsch Nationaal Verbond" (VNV; La Ligue nationale flamande") le 8 octobre 1933. Ce parti obtint 17% des voix en Flandre aux élections de 1939 et se lança pendant la guerre dans la collaboration avec l’Allemagne nazie. Staf De Clercq déclara notamment: "Nous sommes fidèles à Adolf Hitler. Les Flamands sont des germains … C'est pourquoi nous serons racistes, anglophobes et anti-Juifs". Hendrik Borginon, député du VNV, a tenu les propos suivants à propos de Staf de Clercq: "Pour ceux qui ont connu la chaleur et la générosité de son amitié, il reste l’un des plus honnêtes, l’un des plus courageux et l’un des plus oubliés des combattants pour la Flandre." Borginon a été arrêté en 1944 pour collaboration et condamné à 20 ans de prison. Il a été libéré en 1949. De 1968 à 1971, il fut Président du Comité de Pèlerinage de l'Yser (rassemblement annuel nationaliste flamand).

Henrik Borginon, fondateur et député du parti nationaliste flamand VNV, condamné à 20 ans pour collaboration avec les nazis et Président du Comité de Pèlerinage de l'Yser.

Fons Borginon a débuté en 1991 sa carrière à la VU ("VolksUnie", "Union Populaire", parti nationaliste flamand). Il a participé aux accords de la St-Polycarpe et du Lombard, qui ont transféré des compétences fédérales aux Régions et qui ont mis un terme au suffrage universel dans la Région de Bruxelles, à 90% francophone. Les flamands bénéficient en effet d'une représentation garantie de 17 députés sur 89 et de la parité à l'exécutif régional (50% flamand, 50% francophone), et ce quel que soit le résultat des élections, ainsi qu'un échevin flamand garanti dans chaque collège. En 2002, il rejoint le parti libéral flamand VLD, devenu l'Open VLD. En janvier 2006, il est élu chef de groupe Open VLD à la Chambre. Il se distingue par ses prises de position communautaire extrémistes (Lien: Site Web de Borginon), en particulier sur Bruxelles, Région à part entière depuis près de 20 ans:

 

1. Co-gestion de Bruxelles par la Flandre

"Ma vision sur l’intérêt de Bruxelles pour la Flandre est centrale dans mes choix politiques pour l’avenir de la Flandre. Bruxelles est un problème. Un problème pour celui qui voit l’avenir de la Flandre sous une forme ou une autre comme un Etat indépendant, débarassé de la Belgique".

Grosso modo, il existe deux possibilités :

Annexer Bruxelles

"Celui qui veut annexer Bruxelles va créer une situation dans laquelle 1/7 des membres du Parlement Flamand sont francophones. Ce 1/7 est une force importante dans la politique flamande. Ils pourront exercer beaucoup de pouvoir. L’unilinguisme de la Flandre sera par ce fait enormément menacé. Naturellement on pourrait priver les 750,000 francophones de leurs droits démocratiques. Si on en fait des étrangers, dépourvus du droit de vote, ils ne pourront plus exercer de pouvoir politique. Mais cette solution est inaccepable pour tout démocrate. Annexer Bruxelles n’est donc pas une bonne solution."

 

Abandonner Bruxelles

"Selon moi, ce n’est pas une bonne chose: ni pour la Flandre, ni pour Bruxelles, ni pour les flamands bruxellois. Bruxelles est une fenêtre sur le monde pour la Flandre. On connaît mieux Bruxelles sur le reste de cette planète que la Flandre elle-même. Bruxelles est le moteur futur deu développment économique de notre Région. Et la situation des bruxellois flamands dans une ville séparée de la Flandre sera détériorée en un temps record. "

 

"La seule solution utile pour Bruxelles est celle d’une co-gestion qui rendra la ville gérable via des mécanismes d’équilibre." Il fait référence aux accords du Lombard et à la sur-représentation flamande tant au niveau régional que communal. "Mais dans tous les sens cet accord du Lombard ne reste qu'un jalon dans la représentation garantie des Flamands à Bruxelles et cela à tous les niveaux. On doit encore davantage y réfléchir."

 

2. Suppression des facilités linguistiques et enclavement de Bruxelles

 

"La convention-cadre sur la protection des minorités essaie de définir des droits pour des groupes de personnes, comme la fameuse convention européenne pour les droits de l’homme ... elle accorde un nombre limité de droits culturels aux membres des minorités historiques dans un pays. La plupart des pays européens ont ratifié cette convention. La Belgique l’a signée mais ne l’a pas ratifiée."

 

"Les francophones sont de grands défenseurs de l’approbation définitive de cette convention. Ils veulent recevoir une protection internationale. Du côté flamand, le système des facilités est une protection suffisante prévue pour la minorité francophone. Nous n’avons en effet absolument pas à rougir au niveau international sur la qualité de la protection dont les francophones dans la périphérie flamande de Bruxelles jouissent."

 

"Nous ne devons pas non plus être aveugles sur l’objectif caché de certains francophones: élargir le champ d’application de la convention pour élargir la francophonie bruxelloise. Cette convention ne peut s’appliquer qu’aux descendants des belges qui étaient établis dans l’autre Région lors de l’établissement de la frontière linguistique en 1962. Ce serait déjà une large interprétation de la convention-cadre."
"En même temps, la scission complète et définitive de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Halle-Vilvorde doit être discutée (ndlr: l'enclavement définitif de Bruxelles en Flandre) et le bétonnage des facilités doit être reconsidéré. Si l’on opte pour la protection internationale, alors il est plus que logique que les facilités …. soient aussi démantelées."
Le Conseil de l'Europe est prévenu. La Flandre a envoyé un digne représentant de la démocratie "à la flamande" et du respect mutuel entre les peuples.

 

Publié par Olivier Salomé

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1:19 PM GMT  |  Read comments(0)

La chaîne publique flamande banalise le nazisme
Une affiche de promotion touristique sur Berlin diffusée par Canvas, seconde chaîne de la télévision publique flamande VRT, dans l'hebdomadaire Flair, en partenariat avec le quotidien De Morgen, pour l'émission "Weg met De Soete", émeut les victimes de l’horreur hitlérienne. On peut y voir le présentateur, Tomas De Soete, en tenue Chippendale, mini-slip aux poils pubiens débordants, avec le bras tendu sur fond de croix gammée, façon Leni Riefenstahlen, avec moustache et mèche hitlériennes. Fin octobre, la VRT avait déprogrammé, in extremis son émission "Plat préféré" consacrée aux goûts culinaires d'Hitler, en parlant d'une "grosse pression sémite" et en "moquant l'émoi de la communauté juive" pour "une innocente cuisine au gaz" (sic). L’affaire a fait du bruit jusqu’en Israël (Lien: La Libre Belgique: une affiche second degré de la VRT sur Berlin jette le trouble).

 

L'affiche de la télévision publique flamande (VRT) qui présente un allemand.


 

Cette publicité a provoqué une nouvelle fois l'indignation des organisations juives. Le Centre de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) estime que la chaîne de télévision publique flamande Canvas (VRT) "cultive une incurable prédilection pour les mélanges de genres nauséabonds". Et de condamner "la banalisation indécente de l’iconographie nazie pour illustrer la visite de la capitale allemande. L’exploitation satirique des symboles nazis et leur détournement irresponsable témoignent du degré affligeant de sensibilité et de culture civique du service public récidiviste". Le CCOJB "s'interroge sur les mobiles de ces provocations répétées" et affirme transmettre le dossier pour examen au Centre pour l'égalité des chances.

 

Du côté de la VRT, la chargée de communication, Ann Stroobants fait remarquer que pendant les dix jours de sa publication, Canvas n’a pas reçu de réactions négatives ni des médias, ni du public. "Il s’agissait évidemment d’une annonce au deuxième degré. Une autre affiche a représenté un Français avec la baguette et le gros rouge. Non sans avertir là aussi le téléspectateur que l’émission veut montrer la vraie Europe, pas celle des clichés". Ce qui à la vue de la bande de lancement de l’émission est bien le cas: on y découvre un Berlin moderne et "branché" aux antipodes de la capitale nazie.
J

 

e pense que réduire les allemands d’aujourd’hui aux symboles nazis, même au second degré, n’a pas du tout la même portée que de représenter un Français avec une baguette et du vin rouge. La banalisation de ces images par les médias flamands, surtout de la part d'une chaîne publique, et l'absence de réaction de leur public en dit long sur la mentalité profonde de certains. Après l'émission sur les préférences culinaires d'Hitler, il a bon dos, le second degré.

Publié par Olivier Salomé

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1:17 PM GMT  |  Read comments(0)

Violence physique contre des mandataires et citoyens francophones

L'état de "violence politique permanente" qui règne dans la périphérie bruxelloise et Bruxelles (i.a. le bétonnage de l'entrée de la maison communale de Linkebeek, la non-nomination de bourgmestres démocratiquement élus, le souillage systématique de lieux publics et privés, les marches nationalistes autour de Bruxelles, etc.) s'accompagne malheureusement, et de plus en plus souvent, de violence physique. La Région Flamande s'appuie sur des milices privées néo-fascistes dans sa lutte contre la présence de francophones, comme en témoignent les agressions de mandataires et de citoyens francophones sous l'oeil passif de la police flamande (Liens: Périphérie: complicité de la police flamande avec les milices privées; L'attitude de la police flamande: Linkebeek 6 mars 2005). Roger Mertens, échevin CDH ("Centre Démocrate Humaniste") à Wemmel a aussi eu la désagréable surprise de voir sa porte d'entrée souillée, pour la quatrième fois.

 

Reportage de la télévision publique francophone belge, RTBF.

 

Eugène Messemaeckers, conseiller communal à Vilvorde depuis 32 ans, vit un véritable enfer à Vilvorde (Source: La DH: Menacé de mort). "Depuis mon premier conseil communal, en 1976, j'ai constamment subi les hurlements, insultes et menaces de mort", témoigne-t-il. Il a même subi des coups de fil anonymes et des menaces de mort. "On me menaçait de tuer mes enfants". La gendarmerie de Vilvorde a fait une "enquête", ainsi que des rondes pour surveiller la maison du francophone. Une affaire finalement classée sans suite... "Les lettres anonymes non timbrées que je refusais et les coups de téléphone anonymes la nuit ont duré des années. Ils voulaient que je déménage mais ils ont fini par se lasser."

Publié par Olivier Salomé

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1:14 PM GMT  |  Read comments(0)

Violence politique à Bruxelles: capitulation francophone, intervention européenne
La décision du Ministre des Affaires Intérieures, de la politique urbaine, du logement et de l’intégration civique de la Région flamande, Marino Keulen (Open VLD, "Démocrates Libéraux Flamands") de refuser pour la deuxième fois la nomination des candidats bourgmestres francophones de Crainhem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem a été soutenue par le gouvernement flamand et le parlement flamand à l'unanimité, à l’exception bien entendu de l’élu de l’Union des Francophones. La Flandre motive ce refus par un argument juridique contestable. En réalité, il est d'ordre politique. La Région Flamande exige l'enclavement définitif de Bruxelles, à 90% francophone, et de sa périphérie annexée en 1963, dans un futur Etat-fédéré Flamand linguistiquement et culturellement homogène (Liens: La Flandre décide d'isoler et d'enclaver Bruxelles dans un Etat Flamand; Dialogue communautaire: les objectifs du gouvernement flamand).

 

Reportage de la télévision privée belge francophone, RTL-TVi:

 

 

En réponse à cet état de "violence politique", les présidents des partis francophones ont invité ce jeudi 27 novembre les partis démocratiques flamands à convenir d’un "cadre de discussion" pour aborder la nomination des bourgmestres et l’ensemble de la problématique bruxelloise (Lien: Le Soir: Les francophones invitent les flamands au dialogue). En clair: ils optent pour la capitulation mais en faisant croire à leurs électeurs qu'il y a quelque chose à négocier. Je rappelle que ces mêmes partis ont signé en 2001 les accords de la Saint-Polycarpe et du Lombard qui ont transféré des compétences de l'autorité fédérale aux Régions (dont la fameuse tutelle sur les communes) et qui ont garanti une importante sur-représentation politique à la minorité flamande de Bruxelles ... en échange de quelques pourboires financiers pour l’enseignement de la Communauté française (Lien: Moniteur belge: Loi spéciale portant transfert de diverses compétences aux régions et communautés).

La Commission institutionnelle du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, réunie le vendredi 31 octobre à Strasbourg, a pourtant approuvé à l’unanimité les projets de résolution et de recommandation qui portent sur l’affaire de la non-nomination par les autorités flamandes de trois bourgmestres francophones de communes à facilités dans la périphérie de la Région de Bruxelles (Lien: Démocratie locale en Belgique: la non-nomination de trois bourgmestres par les autorités flamandes). Le projet de résolution demande notamment d’entreprendre un "monitoring général" de l’application de la Charte européenne de l’autonomie locale, la révision des lois linguistiques et la prise en considération par l’Assemblée parlementaire, la Commission Européenne contre le Racisme et l’Intolérance (ECRI) et le Commissaire aux Droits de l’Homme des observations et recommandations lors de l’examen du respect des engagements pris par la Belgique (Lire aussi: Le Conseil de l'Europe épingle les dénis d'égalité de traitement et de démocratie).

Ces textes seront discutés et soumis à l’adoption lors de la session d’automne du Congrès qui se tiendra le 3 décembre prochain à Strasbourg. A cette occasion, la Chambre des pouvoirs locaux du Congrès a également invité à participer au débat le Ministre de la Région flamande, Marino Keulen, ainsi que les 3 bourgmestres francophones non-nommés. Le Ministre Keulen a refusé de se déplacer en argumentant que cette affaire est purement d'ordre "juridique". Le Conseil de l'Europe pense au contraire que cette affaire porte "sur un fait politique précis". En 1998 et 2001 déjà, le Conseil de l’Europe avait recommandé aux six communes "à facilités" et à majorité francophone situées sur le territoire flamand depuis la fixation arbitraire de la frontière linguistique en 1962-1963 de rejoindre la Région de Bruxelles. Mais cet appel n’avait pas été suivi par les autorités flamandes.

Publié par Olivier Salomé

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Bourgmestres Flamands et Francophones: deux poids deux mesures
Le Ministre des Affaires Intérieures, de la politique urbaine, du logement et de l’intégration civique de la Région flamande, Marino Keulen (Open VLD, "Démocrates Libéraux Flamands") a signé ce lundi 24 novembre 2008 l'arrêté refusant la nomination des candidats bourgmestres francophones de Crainhem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem démocratiquement élus lors des élections communales du 8 octobre 2006 parce qu’ils ont envoyé les convocations dans la langue des électeurs (en néerlandais aux néerlandophones, en français aux francophones), ce qui est une infraction de la circulaire Peeters des lois linguistiques qui interdit le bilinguisme (Lien : La Libre Belgique; L'artificier Keulen explose les 3 maieurs; Lire aussi : Intransigeance linguistique: le bâton flamand se durcit).
 
Contrairement à ces bourgmestres francophones, des bourgmestres flamands, et des centaines d’administrés, bafouent la loi fédérale depuis de nombreuses années mais ils n’ont pourtant, eux, jamais été inquiété par l’exécutif régional flamand. En 2004 déjà, 25 des 35 communes flamandes de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde avaient menacé de boycotter ou d’invalider le scrutin européen du 13 juin 2004 si cet arrondissement électoral n'était pas scindé en deux arrondissements électoraux distincts: un arrondissement, bilingue, de Bruxelles et un autre, unilingue flamand, de Hal-Vilvorde (Liens: Conférence des bourgmestres de Hal-Vilvorde du 8 avril 2004 ; Splits BHV ; et Burgerzin).

 

Menace de boycott des élections du 13 juin 2004 (reportage de la RTBF)

 

 

Sur ces 25 communes, neuf avaient décidé de ne pas arrêter les listes d'électeurs si l'arrondissement n'était pas scindé d'ici au 13 juin 2004. Il s'agit de Londerzeel, Kapelle-op-den-Bos, Gammerages (Galmaarden), Pepingen, Zemst, Lennik, Leeuw-Saint-Pierre, Overijse et Gooik. Le bourgmestre VLD de Lennik, Willy Dewaele avait déclaré "Cette attitude cadre dans notre stratégie de boycott des élections européennes", ajoutant que "Les Collèges des bourgmestre et échevins veulent clairement la confrontation".
Seize autres communes avaient approuvé les listes électorales mais en se promettant d'invalider les élections après leur déroulement, si la scission n'était pas obtenue d'ici là. Dix communes se sont tenues à l’écart: Biévène (Bever), les six communes à facilités de Rhode-St-Genèse, Linkebeek, Drogenbos, Wemmel, Crainhem et Wezembeek-Oppem ainsi que Merchtem, Affligem et Dilbeek qui affichent toutefois leur solidarité avec les 25 communes rebelles.
Cette manière de procéder et l'annonce de non-organisation des élections européennes par une série de bourgmestres flamands de Hal-Vilvorde rappellent singulièrement la période qui précéda la suppression du volet linguistique du recensement au début des années soixante . Là aussi, les francophones avaient dû s'incliner devant les ukases de bourgmestres flamands (cfr: La frontière linguistique en Belgique).

Le ministre flamand des Affaires intérieures Paul Van Grembergen (Spirit, parti nationaliste de gauche) avait annoncé qu'il n'agirait pas contre les communes flamandes qui boycottent le scrutin européen du 13 juin pour protester contre la non-scission de l'arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde (cfr. la lettre du Ministre: Brief Van Grembergen.pdf). Un accord avait finalement été conclu entre les bourgmestres contestataires et les partis flamands. Ces derniers avaient promis de voter une proposition de scission de l'arrondissement au parlement fédéral s'ils n'obtenaient pas satisfaction par la négociation.

 

En 2007, des menaces de boycott et des appels à la désobéissance civile avaient à nouveau été lancés du côté flamand pour tenter de perturber le scrutin du 10 juin (La Libre Belgique, BHV: 25 maïeurs repartent au front). Trois organisations radicales flamandes, Haviko, le Vlaams Volksbeweging et le TAK avaient demandé aux citoyens d'aller voter, mais de refuser de siéger dans un bureau de vote ou un bureau de dépouillement. Une aide juridique à ceux qui suivront son appel avait été promise ainsi que le remboursement des éventuelles amendes des insubordonnés.

 

Par ailleurs, 25 communes avaient annoncé qu'elles boycotteraient les élections si l'arrondissement n'était pas scindé. Selon Michel Doomst, maïeur CD&V de Gooik et porte-parole des bourgmestres, les communes de Beersel, Vilvorde, Zaventem et Steenokkerzeel soutenaient l'action mais jugaient l'appel à l'insubordination exagéré. Les six communes à facilités (plus Biévène) n'y ont pas pris part.

 

Le mardi 3 juin 2008, la Chambre Flamande de la Cour d'appel de Bruxelles avait jugé que l'action publique contre 57 assesseurs récalcitrants était éteinte pour cause de prescription. Ces personnes avaient refusé d’assumer leurs devoirs d’assesseur lors des élections législatives fédérales du 10 juin 2007 pour protester contre le maintien de l’arrondissement de BHV (Lire: Justice: Prescription pour les assesseurs flamands qui ont violé la loi).

 

En février 2008, la commune flamande de Meise (entre autres), à quelques kilomètres de Bruxelles, a décidé d’aider financièrement les personnes qui ont été récemment condamnées par la Justice parce qu’elles avaient refusé de siéger dans un bureau de vote ou de dépouillement lors des dernières élections législatives (Source Communiqué du FDF). Le Conseil communal a approuvé cette décision à condition qu’elles habitent la commune et qu’elles aient "vraiment milité pour la scission", a précisé le bourgmestre de la localité, Marcel Belgrado (CD&V/NVA).

 

Publié par Olivier Salomé

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1:09 PM GMT  |  Read comments(0)

Armistice: récupération flamande, silence francophone
Bien que la Première guerre mondiale ait été une guerre belge, livrée par une armée belge, constitutée de flamands et de wallons, elle a représenté une étape importante dans la construction de l'identité flamande et du mouvement nationaliste flamand. A son tour, le gouvernement flamand a décidé d’imposer les champs de bataille du Westhoek, théâtre de la guerre des tranchées en Belgique, comme chef-lieu mondial du "vredestoerisme" (ce concept renvoit aux accords de Locarno de 1925 qui garantissaient les frontières fixées après la guerre), dédié à la cause de la paix et de la tolérance. Cette vision pacifiste de la guerre sert la lutte du Mouvement Flamand contre son adversaire: l'Etat belge. Le méchant n'est plus l'envahisseur Allemand mais bien la Belgique, qui a permis ce sacrifice dont le peuple flamand aurait injustement été la principale victime (Lien: Les mythes flamands de la Grande Guerre 14-18).
La Flandre utilise l’Armistice pour renforcer son image à l'étranger et se positionner comme un partenaire institutionnel incontournable. Des ambassadeurs du monde entier ont été invités à participer à la commémoration du 11 novembre 2008. Mais les voisins les plus proches de la Flandre ont été "oubliés": la Belgique et les francophones étaient les grands absents. Ni l'Etat Fédéral, ni la Communauté française ou la Région Wallonne n'ont été informés ou associés à ces commémorations. L'absence de la monarchie belge, alors que le Prince de Galles et le Grand-Duc du Luxembourg étaient présents, a également été fort remarquée. Le chant du Vlaamse Leeuw a été entonné et des brochures bilingues (néerlandais … anglais, pas de français!) ont été distribuées. Les dizaines de soldats wallons envoyés à la boucherie pour libérer la patrie sont tout simplement relégués aux oubliettes de l'Histoire.

 

Vlaamse Leeuw, brochures bilingues "néerlandais-anglais" et absence de représentant francophone lors des commémorations de l'Armistice en Flandre ce 11 novembre 2008. Reportage de la télévision publique francophone belge, RTBF.

 

 

Aucun parti francophone ne s’est s'enquis auprès des exécutifs wallons ou de la Communauté française de ce cavalier seul flamand, à l’exception du RWF-RBF (Rassemblement Wallonie France et Bruxelles-France; Lien: Echos de Flandre). Le cabinet de Rudy Demotte (PS, Parti Socialiste), Ministre-Président de la Région Wallonne déclare "ne pas être au courant". Et la Flandre a déjà mis le cap sur la commémoration du centenaire de la "Der des der ", 2014-2018. Dans son édition du 7 novembre 2008, l’hebdomadaire "Le Vif / L’Express " nous informe qu' une étude commandée par la Région Flamande a identifié pas moins de 50 Etats jadis impliqués dans la bataille des Flandres: du Vietnam à Madagascar, de l'Egypte aux îles Fidji, en passant par la Chine, l'Inde et toutes les anciennes colonies françaises et britanniques. Pas un francophone belge n'est au courant de ce projet.

 

Publié par Olivier Salomé

 

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Les mythes flamands de la Grande Guerre 14-18
La conscience d'une nation se construit à coups de symboles et d'exploits guerriers dans un passé plus ou moins éloigné, quitte à prendre des libertés avec la vérité historique. La Flandre empile les mythes pour alimenter son rôle de victime dans le ménage qu'elle forme depuis 1830 avec les francophones de Belgique. Ainsi les Flamands entendent capitaliser sur le souvenir de la Grande Guerre 14-18 dont ils estiment avoir souffert plus que les autres belges pour attiser son nationalisme. C'est dans les tranchées de l'Yser que le "Mouvement Flamand" va bâtir son discours. L'historienne Christine Van Everbroeck (Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire) déclare: "Les Flamands entretiennent le souvenir des doubles souffrances des soldats flamands, qui durent affronter à la fois la mort et les brimades d'une hiérarchie majoritairement francophone. Et cette injustice est rendue plus criante encore, à leurs yeux, par le fait que les Flamands formaient la majorité des troupes sur le front".

 

1. Le mythe des soldats flamands envoyés inutilement à la mort par des officiers francophones


 

Les soldats flamands, dans les tranchées, auraient été envoyés inutilement à la boucherie, dans une langue qu’ils ne comprenaient pas, par des officiers qui parlaient le français. Et ce pour une patrie ingrate et une cause injuste. Cette légende a démarré dès 1917 sous l’impulsion de l’activiste Raf Verhulst (1866-1941), collaborateur flamand avec l'occupant allemand qui a émigré en Allemagne après la guerre. Le "Mouvement Flamand" crie à l'injustice et le grave sur la tour de l'Yser érigée en 1928, d'abord un lieu de commémoration des victimes de la guerre, mais qui est depuis devenu un lieu de pélerinage annuel des nationalistes et des fascistes flamands. En 1986, la tour a été reconnue "Mémorial de l'émancipation flamande" par la Région Flamande.

 

La tour de l'Yser est surmontée de la croix celtique AVV-VVK ("Alles Voor Vlaanderen, Vlaanderen Voor Kristus", en français "Tout pour la Flandre, la Flandre pour le Christ").

 

L'histoire des soldats flamands envoyés inutilement à la boucherie, sous des ordres en français, est erronnée de A à Z. Des historiens francophones et flamands ont démonté la légende dans les années 1980 (cfr annexes) mais en 2008, un journal "sérieux" comme le "Standaard" la reprend encore et toujours.

 

2. Le mythe de la Flandre qui aurait payé le plus lourd tribut à la guerre

 

Un autre élément, longtemps considére comme vérité historique, a été démenti: celui qui revenait à peupler les tranchées de l'Yser de 80% à 90 % de soldats flamands. Des études historiques ont ramené ce "surplus" flamand à de plus justes proportions, estimant du même coup la présence de soldats wallons au front autour des 33 %, soit une légère surreprésentation des victimes flamandes de l’ordre de 9%. Mais cette surreprésentation exacte serait plutôt de l’ordre de 3% voire 4% car nombre de soldats flamands étaient francophones.

Il n'y avait pas de grands héros flamands. Dès lors, un modèle où intervint la victimisation, comme celui des frères Van Raemdonck morts en mission le 26 mars 1917 "pour l'idéal de la Flandre" s'est développé. La légende flamande dira qu’ils avaient été retrouvés dans les bras l’un de l’autre. En fait, Frans Van Raemdonck a été retrouvé dans les bras d’un soldat wallon sans-grade, Amé Fiévez. En 1932, le comité du pèlerinage de l’Yser avait obtenu que les dépouilles des trois militaires soient transférés dans la crypte de la tour de l'Yser malgré les protestations de la famille du défunt wallon. Le "Mouvement flamand" a refusé d’associer Amé Fievez à son hommage.

 

Un vers en néerlandais, emprunté au poète Cyriel Verschaeve, condamné à mort pour collaboration avec les nazis, accompagne les dépouilles: "Ci-gisent leurs corps tels des grains dans le sable, espoir d'une récole. Oh pays de Flandre." (Source: Le Vif, 7 nov 2008, p24).


Il aura fallu attendre ... 1996 pour qu'un ouvrage sur la question, écrit par le bourgmestre CD&V ("Chrétiens Démocrates et Flamands") de Tamise, Luc De Ryck, finisse par contribuer à réparer ce déni. Mais Amé Fievez reste ce wallon mort "pour la Flandre", bien malgré lui.

Dès 1919, la Justice s’en prit aux "activistes" (collaborateurs avec l'occupant allemand). Il y eut autant de Flamands que de francophones. La justice hollandaise a condamné à mort i.a. Auguste Borms en 1919. Il y eut des pétitions jusqu’en Flandre occidentale pour qu’on le prive de sa vie. Lié au nationalisme flamand, il collabora pendant la Grande Guerre avec les Allemands, notamment à la flamandisation et à la mise en place du Raad van Vlaanderen (Conseil de Flandre). Il fut libéré dès 1921 et en 1928, il se présenta à une élection partielle à Anvers où il fut plébiscité. Lors de la seconde guerre mondiale, il se mêla de nouveau au milieu des collaborateurs et dû s'enfuir en 1944 à Berlin. Il fut fusillé en 1946.

 

Triste réalité: un musée à la mémoire du flamingant Auguste Borms, collaborateur avec les Allemands pendant la Première et la Seconde Guerre Mondiale, condamné à mort par la justice hollandaise et fusillé, a été inauguré à Anvers, en Flandre (Lien: Le Musée de Borms):

Annexes:

 

La Libre Belgique "Un nœud gordien belge qui remonte à 14-18"

Laurence van Ypersele, historienne de l’Université de Louvain s’est notamment investie dans l’étude de l’évolution des perceptions de la Première Guerre mondiale dans l’entre-deux-guerres. Une période d’autant plus intéressante qu’elle a, selon elle, des conséquences dans les esprits les plus contemporains. Et notamment sur la crise communautaire récente. Une autre manière d’envisager aujourd’hui la guerre 14-18. Rencontre.
Je suis très interpellée par le fait que contrairement à la Communauté flamande ni le niveau fédéral, ni la Communauté française, ne semblent vraiment se préoccuper du centenaire, dans six ans déjà, de l’éclatement de la grande Guerre. La Première Guerre appartient à notre passé et c’est même un moment fort de ce passé. Nous pourrions même profiter de l’occasion pour faire montre d’une certaine fierté.
En fait, la Belgique a vécu avant tout le monde une guerre totale d’occupation. Nous avons donc aussi droit à une petite place en terme d’Histoire mondiale. Sans parler de l’importance de connaître ses racines car comme le dit le proverbe, si tu ne sais pas où tu vas, sache au moins d’où tu viens... Enfin, se souvenir de la Première Guerre mondiale en Belgique nous permet de réfléchir en nuances sur les origines du véritable nœud gordien communautaire qui marque la vie politique depuis juin 2007...

Pourriez-vous nous expliciter cela?

La Première Guerre mondiale est vraiment la matrice de nos incompréhensions actuelles tout comme la Deuxième Guerre a aussi donné lieu à des visions très différentes qui continuent à peser sur les relations nord-sud actuelles.
Vous pensez notamment à la légende des soldats flamands qui, dans les tranchées, ont souffert et sont morts pour une cause qui n'était pas la leur?

Cette légende, comme vous dites, a démarré dès 1917 sous l’impulsion de l’activiste Raf Verhulst. A ce moment, ce mouvement plaidant pour une Flandre indépendante n’y était pas tellement apprécié. Mais la situation s’envenima lorsqu’on y ajouta un élément pourtant erroné de A à Z, que les soldats flamands avaient été commandés dans une langue qu’ils ne comprenaient pas. Quand on veut sauver sa peau, dix mots suffisent. Les soldats wallons qui parlaient eux aussi leurs dialectes n’auraient pas compris davantage ce que les officiers voulaient.
Des historiens flamands ont démonté la légende dans les années 1980 mais en 2008, un journal sérieux comme le "Standaard" la reprend encore et toujours. Quand vous vous penchez sur les statistiques des soldats morts pour la patrie, vous constaterez une légère surreprésentation des victimes flamandes de l’ordre de 9 pc. Mais la surreprésentation exacte serait plutôt de l’ordre de 3 voire 4 pc car nombre de soldats flamands étaient francophones.

Comment explique-t-on cela?

Il faut retourner aux débuts de l’invasion allemande. En 1914, pendant la guerre de mouvement, on continuait à recruter. La Flandre connaissait un certain retard: elle comptait moins de personnes éduquées et était aussi plus pauvre. Cette réalité sociale se répercuta dans l’armée: plus de francophones se retrouvaient dans la cavalerie et dans l’artillerie, là où les Flamands gonflaient les rangs des fantassins qui étaient aussi les plus exposés dans les combats. Mais ce mythe a, selon moi, une fonction symbolique qu’il faut essayer de comprendre même s’il est faux. Il y avait un fossé entre les soldats de la base et leurs chefs qui faisaient montre d’un paternalisme insupportable. Dan ses carnets, Jean Verhaegen, un grand bourgeois francophone, parle avec amour sinon adoration de ses hommes mais il y a comme une forme de mépris larvé.

Au fur et à mesure que la guerre avance, les Flamands se sont sentis de plus en plus humiliés comme Flamands, là où les soldats wallons réagissent en termes de différences de classes sociales. On était dans un univers où la mort était omniprésente. On n’avait droit à la parole que pour exprimer le deuil. Et les soldats flamands réagirent comme s’ils allaient tous mourir.
Qu'est ce qui vous fait jeter un lien entre la Grande Guerre et nos incompréhensions actuelles?
C’est le début de notre imbroglio actuel. Il faut partir du vécu du front et de celui de la Belgique occupée. Et de quelques données: il y a eu 40 000 victimes belges face aux 1 800 000 victimes allemandes et aux 1 400 000 victimes françaises. La Belgique occupée resta dans les esprits: elle était héroïque et martyre. C’était une image car chez nous aussi, il y eut un grand attentisme mais reste que le pays fut du camp victorieux qui au nom de la Patrie, au nom d’une cause sacrée s’est opposé aux Teutons, ces barbares abhorrés. C’est la Belgique du cardinal Mercier qui disait qu’il ne fallait pas admirer ceux qui n’ont que la force pour eux.

Le patriotisme n'était donc pas aussi évident?

La Belgique eut aussi sa zone grise. Il fallait bien vivre. Il y avait donc bien sûr des petits profiteurs de guerre. Comme ailleurs, tous ne restèrent pas purs. Des industriels ont continué à faire tourner les charbonnages mais l’occupant allait saisir une partie de la production. Chez les journalistes aussi, certains brisèrent leur plume mais d’autres reprirent le travail, se disant au service de l’information. Il y avait aussi des petits traîtres qui livrèrent des résistants. Et enfin, il y avait la trahison politique avec les activistes. Ils n’étaient pas nombreux, c’était une toute petite minorité flamingante qui se voulait apolitique et qui allait même refuser la main tendue de l’occupant. Je dirais que c’étaient plutôt des petites frappes comme le fameux Borms. Puis on a proposé de flamandiser l’université de Gand et la séparation administrative.
Ce que l’on sait moins, c’est qu’il y avait aussi une hyper-minorité d’activistes wallons installés à Namur mais les Namurois ne le savaient pas! Les activistes flamands n’étaient pas aimés par la population, c’est un euphémisme. Ils allaient donc proclamer unilatéralement l’indépendance de la Flandre mais le firent trop tard. Et en novembre 1918, ils durent s’enfuir poursuivis par la Justice belge mais aussi par la vindicte populaire.

On est loin là de l'image d'Epinal d'une Belgique rangée derrière le Roi-Chevalier...

La sortie de la guerre, grosso modo, du mois d’octobre 18 au mois de janvier 19, sera une période floue de reconquête. Le 11 novembre, les autorités attendent à Gand plutôt que de rejoindre Bruxelles où jusqu’au 15, 16 novembre, on assista encore à des violences impressionnantes entre Allemands, entre les troupes ralliées à la révolution et celles restées fidèles au Kaiser. Et ce ne fut pas l’apaisement après le départ des Allemands car la population se livra à des pillages et des violences contre ceux qui à ses yeux avaient perdu la guerre.
Les plus visés ne furent pas les activistes mais les profiteurs et les femmes. Triste préfiguration de ce qui allait se répéter à la fin de la Seconde Guerre: des femmes furent rasées selon le rituel des charivaris de l’Ancien régime. Rasées, dénudées et affublées de casques à pointe, elles furent transportées sur des carrioles et exposées aux lazzis du public.

Mais la Justice prit vite le relais?

Surtout en 1919. Elle s’en prit d’abord aux profiteurs puis aux activistes. Les plus détestés furent ceux qui avaient livré des héros. Mais si on les a condamnés, on ne les a pas exécutés. Il y eut autant de Flamands que de francophones. Par contre, il n’y avait guère de pitié pour les espions qui avaient trahi comme le Liégeois Douart. Le jury demanda l’exécution, ce que l’on ne fit pas pour Borms. Il y eut des pétitions jusqu’en Flandre occidentale pour qu’on le prive de sa vie. Albert Ier y était gagné aussi mais le Parti ouvrier belge était contre la peine de mort.

L'image des activistes évolua aussi?

A partir de 1921 et surtout après les accords de Locarno, l’aile la plus radicale du Mouvement flamand présenta les activistes comme des idéalistes sinon des prophètes! Pour eux, la méchante Belgique ne donnerait jamais rien à la Flandre. Et c’est ainsi que Borms fut idéalisé.
L'opinion va basculer à ce moment-là? Dans la presse, on lisait que la justice était lente mais ce n'était pas vraiment la réalité. Elle agissait et à partir de 1921, les interpellations pleuvent au Parlement pour défendre certaines petites frappes flamandes. Ce qui fit hurler les francophones de Flandre: on soupçonna les loyalistes d'agir comme les activistes. Ils se font traiter de flamboches parce qu'ils veulent une université flamande à Gand. Et on les amalgama avec l’université von Bissing... Cette fois, le Mouvement flamand se sentit visé dans son ensemble.

Dans les mentalités, il y eut des répercussions sur les héros de guerre?

Ils ne furent quasiment plus honorés qu'en Belgique francophone. Qui sont ces héros? C'est le roi Albert, le cardinal Mercier, le bourgmestre de Bruxelles Adolphe Max, mais aussi les héros de Liège et de Dixmude, les généraux Leman et Jacques. On les glorifia de manière traditionnelle contrairement aux héros civils qui devaient, eux, mourir pour avoir cette reconnaissance. Ceux-là ont fait leur devoir civique jusqu'au sacrifice suprême pour le bien commun. Mais le simple héros n'était reconnu que mort. Il avait diverses formes: le soldat, le passeur, l'agent de renseignement. Il est intéressant de voir comment ils furent mis en avant. Les récits ne disent guère ce qu'ils ont fait mais on évoque leur mort sur le modèle de la Passion du Christ. On évoque leur procès et leur exécution en passant par les souffrances morales et les doutes comme Jésus à Gethsémani. Et on évoque leur dernière lettre où ils se préparent à mourir "sous la grâce de Dieu et de la Patrie". Face au peloton d'exécution, ils refusent le bandeau et sont descendus aux cris de "Vive le Roi, vive la Belgique!". Gabrielle Petit fut un tel modèle à l'instar de Joseph Ferrant, de Philippe Baucq. Petit et Baucq eurent une aura nationale mais on institua aussi des cultes plus locaux à des héros comme Franz Merjay à Ixelles, Omer Lefèvre à La Louvière, Oscar Lelarge à Huy.

Cette héroïsation a précédé les grands hommages nationaux comme celui au Soldat Inconnu?

Dès 1919, les héros civils ont reçu quatre hommages nationaux; on les exhuma pour leur donner des funérailles solennelles. C’est Anvers qui ouvrit la série en mars puis en mai, Schaerbeek honora Gabrielle Petit et deux autres héros, suivie un mois plus tard de Bruxelles qui rendit hommage à Philippe Baucq. L’année d’hommages se termina en décembre par Liège. Des cérémonies assez impressionnantes avec trois jours d’exposition des cercueils et la présence du cardinal Mercier, des membres de la famille royale et du gouvernement.

La Flandre avait lancé ces hommages mais cet esprit disparut dès 1920...

Il n’y avait pas de grands héros flamands qui pouvaient se couler dans le moule. Dès lors va se développer un modèle où intervint la victimisation. Ils n’étaient plus des héros belges mais des héros universels. La fraternité prima sur l’attachement à la Nation. Un cas typique fut celui des frères Van Raemdonck morts en mission à Steenstraete. La légende flamande dirait qu’ils avaient été retrouvés dans les bras l’un de l’autre. Les Flamands purent sy retrouver: ils étaient morts fraternellement pour une cause dans laquelle ils ne pouvaient se reconnaître. En fait, Frans Van Raemdonck aurait été retrouvé dans les bras d’un soldat wallon, Amé Fiévez. L’affaire fit l’objet de plusieurs études d’anciens combattants qui voulaient expurger la vision flamande mais, en 1932, le comité du pèlerinage de l’Yser avait obtenu que leurs dépouilles quittent le cimetière de Westvleteren pour la Tour de Dixmude. Mais les corps des frères et celui du soldat wallon étaient entremêlés. Le Mouvement flamand allait refuser d’associer Amé Fievez à son hommage.

L'on honora donc différemment les victimes du nord et du sud du pays?

Du côté francophone, on continua à produire des récits de héros nationaux là où la Flandre pratiquait l’héroïsation au nom de valeurs universelles. Mais elle en oublia du coup certaines! Une authentique héroïne originaire de Roulers, Marthe Speeckaert, rédigea ainsi ses mémoires en anglais ("I was a Spy") avec une préface de Winston Churchill. Cette femme exceptionnelle qui avait eu les plus hautes distinctions britannique et française mais aussi la Croix de fer allemande (car comme infirmière elle avait aussi soigné l’ennemi) ne fut découverte en Flandre qu’en 2000! Son livre avait été traduit en français, en roumain, en italien mais ne connut de version néerlandaise que sous l’impulsion d’un chercheur contemporain!

Ces différences de perception ne firent que croître...

La référence à la patrie n’a pas été vécue de la même manière. Parce que les grands héros étaient francophones mais aussi en raison de la présence des forces sur le terrain. Les Flamands étaient ainsi moins représentés dans les réseaux de renseignements. La Première Guerre mondiale fut un cas intéressant dans la mesure où on a pu remettre les souffrances de chacun à leur place. En fait, l’on renforça les différences de manière parfois virulente. Et on en a remis une couche pour la Seconde Guerre mondiale. En rendant la légende vraie en affirmant qu’il y avait plus de collaborateurs. Et plus ici avec un "ange" comme von Bissing mais dans l’environnement d’un régime odieux. La répression n’arrangea rien. On prétendit que l’on avait été plus sévère avec les Flamands mais les chiffres montrent le contraire. Et l’image fausse de l’entre-Deux-Guerres se répercuta sur la Seconde Guerre. Très vite même: ce fut la réaction des soldats wallons qui durent rester prisonniers en Allemagne alors que leurs collègues flamands pouvaient rentrer. Le malentendu se renforça autour de la question de l’amnistie comme après le premier conflit mondial. Et on en arrive alors aux incompréhensions actuelles.

De Morgen: les mythes flamands dans leur sang

14-18, la guerre qui a révolté la Flandre 07/11/2008 12:15 La volonté flamande de retirer les dividendes d'une guerre si durement ressentie dans le nord du pays sonne comme un juste retour des choses.
C'est de bonne guerre. Loin de l'enfouir dans leur mémoire collective, les Flamands entendent capitaliser sur le souvenir d'un conflit dont ils estiment avoir souffert plus que les autres Belges. Dans leur terre, dans leur chair, mais aussi dans leur identité même. Car la Flandre reste convaincue d'avoir payé le plus lourd tribut à 14-18. Très tôt, elle a fait de cette certitude l'un des principaux moteurs de son combat pour sa reconnaissance au sein de l'Etat belge.

"Sans la Première Guerre mondiale, il n'y aurait pas eu de Vlaamse Beweging", affirme même l'historien Francis Balace. C'est dans la boue des tranchées de l'Yser, parmi les soldats frontistes rebelles à la domination francophone, que le Mouvement flamand va bâtir et ressasser son discours: "Les Flamands entretiennent le souvenir des doubles souffrances des soldats flamands, qui durent affronter à la fois la mort et les brimades d'une hiérarchie majoritairement francophone. Et cette injustice est rendue plus criante encore, à leurs yeux, par le fait que les Flamands formaient la majorité des troupes sur le front"(1).

Le décor ainsi planté va nourrir le mythe des troufions flamands envoyés inutilement à la boucherie, sous des ordres en français, incompréhensibles. Une autre liberté, longtemps prise avec la vérité historique, a été démentie: celle qui revenait à peupler les tranchées de l'Yser de 80 à 90 % de soldats flamands. Des études historiques ont ramené ce "surplus" flamand à de plus justes proportions, estimant du même coup la présence de soldats wallons au front autour des 33 %.
Les ressentiments, fondés ou non, ont la vie dure. A la tour de l'Yser, haut lieu symbolique du Mouvement flamand érigé à Dixmude, une plaquette rappelle ainsi au visiteur que, jusqu'en 1916, "tous les soldats belges tombés pendant la guerre, les Flamands aussi, reçurent une pierre tombale avec la mention en français: "Mort pour la patrie"". La Grande Guerre n'a jamais laissé la Flandre indifférente, et l'envergure qu'elle entend donner à la célébration de son centenaire le prouve. Mais ce qui l'anime est bien éloigné de la vision francophone de cette page d'histoire nationale.
(1) Christine Van Everbroeck, in Les Grands Mythes de l'Histoire de Belgique, éd. EVO. Ce sont les notables flamands de l'époque qui avaient choisi le Français comme langue véhiculaire car les patois locaux ne se comprennaient pas d'un village à l'autre. La domination hollandaise du passé n'a pas laissé un bon souvenir et avait provoqué un rejet du néérlandais comme langue commune, d'où le choix du Français par les Flamands eux-même...

Publié par Olivier Salomé

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L'attitude de la police flamande: Linkebeek 6 mars 2005
Le MR avait appelé les francophones à manifester le dimanche 6 mars 2005 à Linkebeek pour s’opposer à la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) et plaider, le cas échéant, en faveur de l'élargissement de la Région bruxelloise à sa périphérie francophone. Tous les partis démocratiques francophones étaient présents: FDF (Front Démocratique des Francophones, une composante du MR), le CDH (Centre Démocrate Humaniste), Ecolo (Ecologistes) et le RWF (Rassemblement Wallonie France), sauf le PS (Parti Socialiste). Le regretté Président de la fédération bruxelloise du PRL (parti libéral francophone), Jacques Simonet, a déclaré que "Ce rassemblement n'est ni une bravade ni une provocation. Nous sommes là pour dire que les droits et libertés des citoyens ne se marchanderont pas. BHV n'est pas un dossier symbolique. Derrière BHV, il y a des gens, des vies, des hommes et des femmes qui se battent pour leurs libertés." (Liens: Le Soir: un millier de francophones se rassemblent à Linkebeek pour dire «non» à la scission de l'arrondissement de BHV).

 

Le rassemblement francophone sur la place communale de Linkebeek a duré près de deux heures. Plusieurs centaines de personnes n’ont cependant pas pu y assister : ils ont été réfoulés par les forces de l’ordre, qui étaient pourtant chargés d’assurer la protection des manifestants francophones. La Libre Belgique écrit "Toutes les rues étaient barrées par des chevaux de frise, et les forces de l'ordre ne laissaient rentrer les passants, à un seul point de passage, qu'au compte-gouttes. Sabotage ou pas ? L'intransigeance des policiers, par ailleurs tous unilingues flamands, pourrait y faire penser. Le président du FDF, Olivier Maingain, a déclaré avoir reçu de très nombreux témoignages de personnes qui, "après avoir été refoulées par les forces de l'ordre, se sont retrouvées sans protection face à la violence physique des militants du TAK et du Vlaams Belang"" (Lien: La Libre Belgique: le FDF mobilise à Linkebeek).

 

Quelque 400 contre-manifestants flamands s’étaient en effet regroupés aux alentours de la place communale de Linkebeek, allant des nationalistes de la N-VA (Nouvelle Alliance Flamande) aux partis et organisations d'extrême droite tels que le Vlaams Belang (Intérêt Flamand, parti néo-fasciste flamand), le TaalActieKomite (TAK, milice privée néo-fasciste) et le Voorpost (milice privée néo-nazie; exemple: De Morgen: des organisations manteaux du Vlaams Belang en visite chez les néo-nazis allemands). Ils ont été à l'origine de nombreux incidents malgré la présence de 600 policiers. Plusieurs militants du parti démocratique Rassemblement Wallonie France (RWF) ont essuyé des coups à la suite d'une charge d'un groupe important de nationalistes flamands d'extrême droite parmi lesquels on pouvait notamment reconnaître le sénateur du Vlaams Belang Yves Buysse. La police flamande a également ouvert une rue afin que les fascistes puissent prendre d'assaut la place communale: les ordres donnés par le bourgmestre de Linkebeek avaient été changés par le commandement flamand de la police de Asse.

 

Une multitude de propos racistes, extrémistes sont tagués sur tout ce qui est écrit en français (bilingue ou pas), abris-bus, café, restaurants, etc. Ci-dessous, un restaurant bilingue est souillé par une inscription "Voorpost Komt" ("Le Voorpost Arrive", milice privée flamande néo-nazie).

 

 

Des enseignants de l'école La Fermette à Wezembeek-Oppem ont également été molestés. La Libre Belgique raconte "Pour quelques enseignants francophones de Wezembeek-Oppem, qui se sont retrouvés du mauvais côté du village, le jeu flamand a vite tourné au jeu de massacre. Après s'être fait confisquer ses calicots, l'un d'entre eux a été poursuivi dans les rues du village, puis frappé, adossé à une haie. Il s'en est sorti avec une entorse à la main et a décidé de porter plainte. Ils entendaient attirer l'attention sur le sort des enseignants francophones de la périphérie: la Communauté flamande a invalidé tous leurs examens linguistiques (de néerlandais) et elle refuse de les nommer. Selon les forces de l'ordre, des contre-manifestants du Voorpost étaient notamment de la partie." Tabassage de ces femmes et destructions des pancartes ...Femmes, jeunes, bilingue francophone, militants pacifiques.

 

Reportage de la télévision publique belge francophone, RTBF.

Des francophones pacifiques sont agressés alors que la police flamande reste passive. La loi de la rue est organisée par Luc Vermeulen, aujourd'hui le chef de la milice privée néo-nazie flamande Voorpost, et Raoul Van Walleghem, condamné pour le meurtre dans la nuit du vendredi 11 septembre au samedi 12 septembre 1970 de Jacques Georgin, lors d'une échauffourée en pleine campagne électorale.

 

 

Hans Brochaus, le responsable du Deutscheprachigen Zentrum (DZG), une association qui s'adresse aux 15.000 germanophones de Bruxelles et de la périphérie, et qui avait avait tenu à apporter son soutien au rassemblement, témoigne: "Avec des centaines de gens autour de moi, j'ai tenté de passer par tous les côtés. En vain, les policiers ne laissaient passer que les habitants de la commune sur présentatoin de leur carte d'identité. A un certain moment, nous avons failli accéder à la place communale par la rue de la Station, mais à ce moment des contre-manifestants flamands sont arrivés et les rue a été totalement bouclée à son tour. Je peux affimer qu'il y avait au moins mille francophones qui ont erré dans les rues de Linkebeek dans l'espoir de trouver le passage".

 

Le Ministre-Président flamand de l'époque, Yves leterme, aujourd'hui Premier Ministre de la Belgique (Lire aussi: Yves Leterme, la Belgique et les Francophones), a qualifié le rassemblement francophone "d'extrémiste" sur les ondes de la RTBF-Radio ... Il n'a jamais condamné les violences ethniques perpétrées par les milices flamandes d'extrême-droite avec la complicité tacite de la police flamande et de son commandement.

 

Publié par Olivier Salomé

 

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Intransigeance linguistique: le bâton flamand se durcit

Le mercredi 5 novembre 2008, le ministre des Affaires intérieures, de la politique urbaine, du logement et de l’intégration civique de la Région flamande, Marino Keulen (Open VLD, "Démocrates Libéraux Flamands") a envoyé une lettre de quatre pages aux autorités des six communes "à facilités" de la périphérie de Bruxelles pour leur signifier que les circulaires Peeters et Martens sur l’emploi des langues doivent être appliquées à la lettre. Le ministre se réfère à un avis rendu par la Chambre flamande du Conseil d'Etat le 19 juillet dernier. Dans cet avis, la Chambre flamande souligne que "les contacts entre les personnes doivent avoir lieu en néerlandais". Le Ministre Flamand précise que cette attitude doit être adoptée dans le cadre de toutes les relations entre particuliers, y compris pour l'envoi des convocations électorales et pour le renouvellement des cartes d’identité: "Le fait qu’une carte d’identité ait été précédemment délivrée en français ne signifie pas que l’intéressé soit automatiquement inscrit en français sur sa nouvelle carte"

(Lien: La Libre Belgique: le dialogue qui refusait de décoller).

 

Reportage de la télévision privée belge francophone RTL-TVI

 

La circulaire Peeters est une circulaire interprétative des lois linguistiques éditée le 16 décembre 1997 par le Ministre des affaires intérieures du gouvernement flamand, Léo Peeters, et qui règlemente l’emploi des langues dans les administrations des communes communes de la Région flamande, y compris les six communes à facilités de la périphérie bruxelloise. Elle est complétée par la circulaire Martens et réaffirmée par la circulaire Keulen du 18 juillet 2005. Ces circulaires ordonnent que tous les documents soient envoyés uniquement en néerlandais aux citoyens. Si un administré souhaite recevoir ces documents en français, il doit en faire la demande pour chaque document. Les autorités régionales flamandes considèrent comme fautifs les pouvois locaux qui pratiquent le bilinguisme en envoyant directement les documents en français aux francophones et en néerlandais aux néerlandophones. De plus, les services communaux ne peuvent utiliser en interne que le néerlandais et il est interdit au bourgmestre ou à un autre membre du collège d’utiliser une autre langue que le néerlandais lors du conseil communal.
Ces circulaires Peeters et consorts visent à contraindre les bénéficiaires francophones à renoncer eux-mêmes, par découragement devant les démarches à accomplir, aux droits que leur confère le régime des facilités. Ainsi le gouvernement flamand tente d'organiser l'extinction progressive de ces facilités et l’assimilation forcée des francophones, comme c’est déjà aujourd’hui le cas dans les communes sans facilités. Au-delà des querelles politiciennes, il s’agit donc bel et bien d’un combat fondamental. Il est aussi évident que si les autorités flamandes remettent en question les facilités ou les vident de leur contenu, elles ouvrent simultanément la question de la fixation de la frontière linguistique: la création du régime des facilités a été couplée, en effet, à la fixation, pour Bruxelles, d'une frontière serrée sur les 19 communes et qui laissait arbitrairement au dehors de nombreuses communes à population largement francophone sans qu’elle soit consultée (Lire aussi: La frontière linguistique en Belgique).
En principe, ces facilités sont "bétonnées" c'est à dire implicitement inscrites dans la Constitution. Le Parlement fédéral est seul compétent pour les modifier ou les supprimer à la majorité des 2/3 et avec une majorité dans chaque groupe linguistique. Le gouvernement flamand n'a donc pas compétence pour interpréter la loi fédérale sur l’emploi des langues en matière administrative, même pas pour en préciser les modalités d'application. Cependant, la chambre flamande du Conseil d’Etat a estimé le 19 juillet 2008 que la circulaire Peeters est la seule interprétation exacte de la loi linguistique pour les communes à facilités. L’arrêt de la cour indique que seul le gouvernement flamand est compétent pour interpréter la loi linguistique et que l’interprétation donnée par celui-ci concorde avec la loi. Le Conseil d’Etat estime qu’aucune autre interprétation ne peut valoir à part celle-là. En clair, le bilinguisme est explicitement refusé (Lien: Le Soir: le Conseil d'Etat avalise la circulaire Peeters).

 

Reportage de la télévision publique belge francophone, RTBF

 

Afin de faire respecter effectivement à la lettre la version flamande sur l'emploi des langues en Flandre et à Bruxelles, un centre d'appui sur la loi linguistique ("Steunpunt Taalwetwijzer"), qui dépend de la Région Flamande, distribue une brochure de 32 pages qui explique quelle langue doit être utilisée et quand, tant dans les relation privée entre personnes, avec l'administration, dans les entreprises, dans l'enseignement, dans les transports publics, les hôpitaux, etc. L'objectif est clairement établi dans ce document: assurer l'homogénéité linguistique unilingue flamande dans la Région Flamande et réduire autant que possible l'usage légale de la langue française dans la Région officiellement bilingue de Bruxelles. Des instances de contrôle sont chargées de veiller à la bonne application de la loi flamande. Les contrevenants s'exposent à des sanctions des tribunaux flamands.

 

La Région Flamande distribue une brochure de 32 pages qui explique où et quand le français peut être utilisé à Bruxelles et en Flandre tant dans les relations privées que publiques.Lois Linguistiques

 

 

Publié par Olivier Salomé

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BHV: Menace de boycott des élections du 7 juin 2009

Le Centre de Coordination des Associations Flamandes (Overlegcentrum van Vlaamse Verenigingen; Lien: OVV) annonce sur son site internet que le "Groupe de Travail BHV", qui regroupe le Comité Hal-Vilvorde (Lien: Haviko), le Mouvement Flamand (Lien: Vlaams Volksbeweging) et le TAK (Lien: TAK), a envoyé un appel ce vendredi 30 octobre 2008 aux associations flamandes (culturelles, sociales, etc.) afin de récolter un maximum de signatures en faveur de la scission unilatérale et sans concessions de l’arrondissement électoral et judicaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde pour le 15 novembre. Les Présidents de partis flamands et les mandataires politiques flamands tant au niveau fédéral qu’au niveau régional en seront informé le 18 novembre. La couverture médiatique sera assurée dès le 21 novembre.

 


Tous les partis flamands, de l’extrême droite aux socialistes avaient voté le mercredi 7 novembre 2007 en Commission de l'Intérieur de la Chambre, la proposition de loi qui prévoit la scission pure et simple de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (lire: La scission de BHV: rupture du pacte des Belges). Seuls les députés flamands avaient participé au vote, les représentants francophones avaient quitté la séance avant le vote en signe de protestation. L’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde réunit les 19 communes de la Région de Bruxelles bilingue et 35 communes de la périphérie du Brabant Flamand dont certaines sont peuplées à plus de 85% par des francophones. Le tracé arbitraire de la frontière linguistique en 1963 a en effet conduit à placer les populations de la périphérie Bruxelloise, contre leur volonté, dans une Région qui n’est pas celle de leur choix, la Région linguistique flamande.
Si cet arrondissement est effectivement scindé, ce que les francophones ont toujours refusé, les quelque 150.000 francophones vivant en périphérie flamande de Hal-Vilvorde perdraient la possibilité de voter pour des candidats francophones bruxellois aux élections législatives et européennes. Ceux-ci perdraient également la possibilité de se faire entendre en français devant les juridictions de Hal-Vilvorde. Les partis flamands exigent-ils la scission de BHV parce que, selon eux, la Région flamande est unilingue, et que les francophones qui y vivent doivent s'intégrer, tels des immigrés. Ils voient dans la scission de BHV l'occasion de sceller l’unité linguistique, culturelle, et politique de leur Région. Et si la Flandre venait à prendre son indépendance, la frontière de l'Etat flamand serait bétonnée et difficilement contestable (Lire aussi: La frontière linguistique en Belgique; Les vrais enjeux de la scission de BHV).
À la suite de ce vote en Commission de l’Intérieur de la Chambre par les seuls partis flamands d’une proposition de loi scindant l’arrondissement de BHV, le parlement de la Communauté française avait déclenché une procédure de conflit d’intérêt. Ce mécanisme légal avait permis de suspendre la scission effective de BHV jusqu'en mai 2008. Le jeudi 8 mai 2008, à la Chambre, les Flamands des partis démocratiques et des partis non démocratiques et séparatistes ont imposé la mise à l’ordre du jour de la scission pure et simple de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il y a eu 80 votes flamands en faveur de la mise à l’ordre du jour, 60 votes francophones contre cette mise à l’ordre du jour et 2 abstentions (Lire aussi: Coup de force flamand sur BHV; Synthèse des déclarations du CD&V sur BHV; Dossier: la scission de BHV).

 


Réunis le vendredi 9 mai en séance plénière, les députés francophones bruxellois de la Commission communautaire française (Cocof) avaient adopté la proposition de motion en conflit d’intérêts sur BHV à l’unanimité des 62 membres présents. Ce vote a permis à nouveau de suspendre la scission de BHV durant 120 jours, jusqu'en novembre 2008. Le Parlement Wallon et le Parlement Bruxellois disposeront encore chacun de la possibilité d'introduire une procédure en conflits d'intérêts, ce qui retardait la scission de BHV de 240 jours supplémentaires, soit après les élections européennes et régionales prévues le 7 juin 2009. Le "Groupe de Travail BHV" qualifie dans sa lettre ces procédures de conflits d'intérêts, pourtant parfaitement légales, de "carrousel d'obstruction anti-démocratique". Il appelle dès lors les partis flamands à voter la scission immédiate et unilatérale de BHV avant les prochaines élections.

 

"Et dans le cas où l'arrondissement électoral de BHV ne serait pas encore scindé avant les élections européennes du 7 juin 2009, une nouvelle action patriotique sera menée au printemps 2009. Par le biais d'une nouvelle action de désobéissance civile les citoyens seront appelés à refuser leur collaboration à l'organisation de ces élections européennes inconstitutionnelles. Tous les soutiens possibles seront apportés aux communes du Brabant Flamand dans leur action afin de rendre ces élections impossibles." ("En mocht de kieskring B-H-V nog niet gesplitst zijn vóór de Europese verkiezingen van 7 juni 2009 dan wordt een nieuwe actie burgerzin in het voorjaar 2009 opgezet. Met een nieuwe dienstweigeringsactie zullen de burgers worden oproepen om hun medewerking aan de organisatie van deze ongrondwettelijke Europese verkiezingen te weigeren. Aan de Vlaams-Brabantse gemeenten zal alle mogelijke steun worden verleend in hun actie om deze verkiezingen onmogelijk te maken.").

 

En 2004 déjà, 25 des 35 communes de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde avaient menacé de boycotter ou d’invalider le scrutin européen du 13 juin 2004 si cet arrondissement électoral n'était pas scindé en deux arrondissements électoraux distincts. Sur ces 25 communes, neuf avaient décidé de ne pas arrêter les listes d'électeurs si l'arrondissement n'était pas scindé d'ici au 13 juin 2004. Il s'agit de Londerzeel, Kapelle-op-den-Bos, Gammerages (Galmaarden), Pepingen, Zemst, Lennik, Leeuw-Saint-Pierre, Overijse et Gooik. Seize autres communes avaient approuvé les listes électorales mais en se promettant d'invalider les élections après leur déroulement, si la scission n'était pas obtenue d'ici là. Dix communes se sont tenues à l’écart: Biévène (Bever), les six communes à facilités de Rhode-St-Genèse, Linkebeek, Drogenbos, Wemmel, Crainem et Wezembeek-Oppem ainsi que Merchtem, Affligem et Dilbeek qui affichent toutefois leur solidarité avec les 25 communes rebelles.

 

En 2007, des menaces de boycott et des appel à la désobéissance civile avaient à nouveau été lancés du côté flamand pour tenter de perturber le scrutin du 10 juin. Le "Groupe de Travail BHV" avait demandé aux citoyens d'aller voter, mais de refuser de siéger dans un bureau de vote ou un bureau de dépouillement. Une aide juridique à ceux qui suivront son appel avait été promise ainsi que le remboursement des éventuelles amendes des insubordonnés. Par ailleurs, 25 communes avaient annoncé qu'elles boycotteraient les élections si l'arrondissement n'était pas scindé. Selon Michel Doomst, maïeur CD&V de Gooik et porte-parole des bourgmestres, les communes de Beersel, Vilvorde, Zaventem et Steenokkerzeel soutenaient l'action mais jugaient l'appel à l'insubordination exagéré. Les six communes à facilités (plus Biévène) n'y ont pas pris part.

 

La cour d’appel de Bruxelles avait acquitté le mardi 20 mai 2008 un assesseur qui avait refusé de siéger lors des élections fédérales du 10 juin 2007, dans un bureau de vote de Lennik, pour protester contre le maintien de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. La cour a considéré que ce refus était légalement justifié (Lire: La Justice Flamande suit les thèses des nationalistes flamands). Le mardi 3 juin 2008, la Chambre Flamande de la Cour d'appel de Bruxelles avait jugé que l'action publique contre 57 assesseurs récalcitrants était éteinte pour cause de prescription. Ces personnes avaient refusé d’assumer leurs devoirs d’assesseur lors des élections législatives fédérales du 10 juin 2007 pour protester contre le maintien de l’arrondissement de BHV (Lire: Justice: Prescription pour les assesseurs flamands qui ont violé la loi).

La carte des communes susceptibles d'organiser le boycott des élections du 7 juin 2009

 

Publié par Olivier Salomé

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Chants racistes: l'arbitre flamand n'applique pas le règlement

Ce samedi 1 novembre 2008, le match de football de première division belge entre le club wallon de Tubize et le club flamand du RC Genk a été marqué par un incident communautaire: les supporteurs du club visiteur de Genk ont entonné des chants racistes anti-wallons. Des banderoles accusaient également les Wallons d'être des "voleurs". L'entraineur français de Tubize, Albert Cartier, a demandé à la mi-temps à l'arbitre flamand, Joeri Vandevelde, d'intervenir, mais sans succès. Au cours de la deuxième mi-temps, c'est le manager de Tubize, Louis Derwa, qui est monté sur le terrain pour demander à l’arbitre d'interrompre définitivement le match. L'arbitre a refusé (Lien: Le Monde: Belgique - Chants anti-wallons: incident lors de Tubize-Genk).

 

Pour justifier son entrée sur le terrain, le manager de Tubize a déclaré qu’ "il y a eu des propos racistes envers la communauté wallonne qui ont été tenus de manière très audible et répétée dans le stade. On connaît les directives qui existent en la matière" (le match doit être arrêté, selon le règlement de la Fédération belge de football). "J’ai pu constater qu’elles n’étaient pas appliquées par le corps arbitral". Dans un communiqué diffusé dimanche sur le site internet du club, il ajoute "Il faut tirer les leçons de l’histoire. Il ne faut pas sous-estimer ce genre de faits. Si personne ne réagit, si on fait la sourde oreille, la situation dégénérera jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour agir".

 

Robert Jeurissen, le Président flamand de la Commission centrale des arbitres, confirme que l'arbitre doit arrêter le match s'il entend des "cris qui ne sont pas convenables". Mais il ajoute: "est-ce qu'il a entendu quelque chose ? ... cela dépend des circonstances ... on n'est pas à sa place". Des propos édifiants. La Fédération ne juge même pas opportun d'interroger l'arbitre sur le déroulement des faits. Par contre, le Président de la Commission centrale des arbitres condamne l'attitude du manager de Tubize, Louis Derwa: il ne pouvait intervenir en montant sur le terrain pour dénoncer les chants racistes et il risque dès lors d’être poursuivi par la Fédération belge de football.

 

Reportage de la télévision privée francophone belge (RTL-TVI)

 

En novembre dernier déjà, un match entre Genk et le club wallon de Charleroi avait été brièvement interrompu par l'arbitre francophone car des supporters flamands entonnaient des chants racistes à l'adresse cette fois des partisans carolos. Le 1 juin 2008, des incidents avaient éclaté pendant et après la rencontre qui opposait le club de l'Antwerp (Anvers, Flandre) à Tubize (Wallonie). Plusieurs milliers de supporters flamands scandaient "Walen Buiten" ("Wallons Dehors"). Après la rencontre, les supporters anversois ont chargé les forces de l'ordre à défaut de pouvoir s'en prendre aux supporters wallons présents. Sept policiers avaient été blessés, dont un grièvement, celui que la rumeur prétendait être francophone (Lire: La haine communautaire gagne les stades flamands de football). Le 22 décembre 2007, pendant la rencontre qui oppose le GBA (Flandre) à Mouscron (Wallonie), des supporters flamands chantaient "Wallons Pédophiles". Jamais aucune sanction n'a été prise.

 

Le 1 juin 2008: chants racistes anti-wallons et violences raciales à Anvers

 

Publié par Olivier Salomé

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12:35 PM GMT  |  Read comments(0)

Intervention de l'Etat fédéral en faveur d'une banque flamingante ségrégationniste

Le gouvernement belge et la KBC ont annoncé ce lundi 27 octobre qu’ils étaient arrivés à un accord pour une recapitalisation du bancassureur flamand dont le ratio de capital de base (core Tier-1) était tombé à moins de 7% alors que la sommes des fonds propres minimum requis par le régulateur est de 8% (Lien: L'Echo: La KBC renforce son capital avec 3,5 milliards d'euros). La KBC émettra à l'intention de l'Etat belge pour 3,5 milliards d'euros de titres non transférables, sans droit de vote, et sans dilution pour l'actionnariat existant. Aucun coupon ne sera distribué si aucun dividende n'est mis en paiement pour les actions ordinaires. Et puisque la KBC a décidé de ne pas verser de dividende pour l'exercice 2008 aucun coupon ne sera payé pour 2008. En échange, l’Etat pourra nommer deux représentants au sein du conseil d'administration lors de la prochaine Assemblée Générale annuelle des actionnaires.

 


Il s’agit de conditions extrêmement favorables pour le bancassureur flamand et ses actionnaires flamands, en particulier le holding financier (MRRB) du Boerenbond, syndicat agricole flamand, historiquement très proche des sociaux-chrétiens flamands, aujourd’hui CD&V ("Chrétiens Démocrates et Flamands") dont est issu le Premier Ministre de la Belgique, Yves Leterme. Les actionnaires actuels n’injectent pas un centime dans leur propre banque en difficulté financière, mais ils toucheront les dividendes, et cela ne leur coûte rien en dilution, ni en pouvoir dans la banque. Les actionnaires du bancassureur belgo-néerlandais Fortis, expropriés par le démantèlement du groupe en septembre 2008, et ceux du groupe belgo-français Dexia, ruinés par des augmentations de capital, apprécieront la différence de traitement.
Il est également étonnant que l'Etat Fédéral belge, donc également les wallons et bruxellois, sert de banque de secours à une banque purement flamande alors même que la Région Flamande a récemment refusé de verser sa contribution financière de 500 millions d’Euro au budget fédéral (Lire: La Libre Belgique: Kris Peeters tempère l'image d'une Flandre riche). On ne peut à la fois s’acheminer vers la souveraineté et réclamer une recapitalisation d’une entité, la Belgique, que l’on nie. Les politiques flamands doivent être logiques avec eux-mêmes et assumer à eux-seuls l’opération de renflouement de la KBC puisqu'ils revendiquent la régionalisation de ce qui reste comme compétences fédérales au nom de la bonne gouvernance ("goed bestuur").

 

A ma connaissance aucun ministre et même de mandataire francophone quelconque a osé seulement émettre une simple objection à cet accord ou même un avis sur la KBC. Dimanche 26 octobre, sur la télévision publique francophone (RTBF), le secrétaire d’Etat aux Finances, Bernard Clerfayt du FDF (Front Démocratique des Francophones), sensé défendre les droits des francophones, avait indiqué que KBC devrait bénéficier d’un "mécanisme d’aide publique". Mais quelle est donc cette banque qui mérite tant une aide publique dont n'ont pas pu bénéficier les deux autres grandes banques belges, Fortis et Dexia?

 

1. L'ancien patron de la KBC et actuel Président Honoraire plaide pour l'indépendance de la Flandre

 

Rémi Vermeiren est entré en 1989 au comité de direction de la KredietBank (KB) avec un mandat d'administrateur délégué. En 1998, il devient président du comité de direction de la Kredietbank et ensuite du groupe de bancassurance KBC né de la fusion de la KB, Cera et ABB. Remi Vermeiren a quitté la présidence de la KBC en 2003 mais il garde cependant le titre de Président Honoraire. Il préside un groupe de réflexion intitulé "In de Warande" qui se compose de seize personnes dont Bruno Valkeniers, aujourd’hui Président du parti néo-fasciste Vlaams Belang. Il publie en novembre 2005 le "Manifeste pour une Flandre indépendante dans l'Europe unie". Ce manifeste plaide pour l'indépendance de la Flandre en faisant une description pour le moins peu flatteuse de la Wallonie et de Bruxelles. L'un des principaux auteurs est Johan Van Gompel alors qu'il travaille pour le service d'études de la KBC.

 

Dans le modèle de M. Vermeiren, la Flandre et la Wallonie se séparent pacifiquement pour constituer deux Etats indépendants. Bruxelles obtient un statut particulier, calqué sur celui de Washington DC aux Etats-Unis: ses habitants disposent d'une autonomie limitée, tandis que les décisions importantes sont prises avec l'aval de la Flandre et de la Wallonie. Les Bruxellois peuvent opter pour une sous-nationalité flamande ou wallonne. Au journal français Le Point, il déclare en janvier 2007 "Tout ce qui a été fait jusqu'à présent s'inscrivait dans une logique d'évolution; c'est en réalité d'une révolution dont nous avons besoin " (Lien : Belgique-Flandre: la tentation séparatiste). Il multiplie les déclarations fracassantes dans la presse internationale (exemples: L'Expansion: Ces patrons flamands qui rêvent d’indépendance; The Washington Post: A separatist revolution percolates in Belgium; BBC: Rich Flanders seeks more autonomy).

 

2. La KBC procède à une politique ségrégationniste à l'encontre des Francophones de Belgique

 

Fidèle aux principes sectaires de son ancien patron, qui nie l'existence de la Région Bruxelloise et des Bruxellois auxquels ils proposent le statut d'une sous-nationalité, la KBC mène ouvertement une politique discriminatoire en matière d'embauche. Le siège de la KBC est situé à Bruxelles, Région officiellement bilingue quoique peuplée à 93% par des francophones. La banque flamande n'en a cure. Si vous souhaitez postuler à une offre d'emploi, il vous faudra obligatoirement consulter le "website en néerlandais" (encadré rouge). Evidemment ce site est unilingue flamand (Lien: KBC: jobs).

 

Envie de postuler à une offre d'emploi de la KBC à Bruxelles? Uniquement accessible en néerlandais.

 

Exemple d'une offre d'emploi au siège de la KBC à Bruxelles. Une "connaissance approfondie du français" est demandée (encadré rouge) - c'est plus discret que de demander "langue maternelle néerlandaise" (moedertaal: nederlands, lire aussi: Discrimination à lemploi: il faut être flamand). En clair, cette offre d'emploi est réservée aux personnes de langue maternelle néerlandaise.

 

Un autre exemple d'offre d'emploi. Si vous voulez travailler à Bruxelles, alors vous devez aussi pouvoir vous exprimer facilement en français. En clair, cette offre d'emploi est également réservée aux personnes de langue maternelle néerlandaise. Comme la plupart des offres d'emploi de la KBC.

 

Publié par Olivier Salomé

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La Région Flamande: terre d'accueil des nostalgiques du IIIe Reich Hitlérien

Le samedi 18 octobre 2008, l'organisation ouvertement nazie "Blood & Honour Vlaanderen" ("Sang et Honneur Flandre") a organisé un concert rassemblant environ 800 personnes dans une tente dressée au camping Ijzerhoeve, près de la Tour de l’Yser, qui est aussi un lieu de pélerinage des nationalistes et des fascistes flamands (reportage de la VRT: Rassemblement à l'Yser). C'est la quatorzième rencontre dans la Région Flamande de cette organisation internationale se revendiquant ouvertement de l’hitlérisme depuis que les autorités des Pays-Bas ont interdit la cérémonie en honneur des combattants de la SS de la Deuxième Guerre mondiale qu’elle avait programmée dans le Limbourg néerlandais le 4 mars 2006.

 

La police de Dixmude, qui s'est contentée de surveiller si la circulation autour du camping n’était pas trop dérangée par les membres de Blood and Honour, a estimé que l'événement s’est déroulé "sans incidents". Le mardi 21 octobre, des perquisitions ont été menées chez trois personnes soupçonnées d'avoir organisé les concerts néonazis de Blood & Honour Vlaanderen à Bellegem le 19 avril (Lien: Impunité des nazis en Flandre: un journaliste allemande dénonce!) et à Dixmude. L'enquête s'est faite en collaboration avec la Sûreté de l'Etat, les services de renseignement militaire, le service central terrorisme de la police fédérale, et l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam). Aucun des trois suspects n'a fait l'objet d'un mandat d'arrêt.

 

Pour la quatorzième fois en deux ans, plusieurs centaines de néo-nazis se sont librement rassemblés en Région Flamande aux cris de "Heil Hitler" et autres éructations racistes. Les organisateurs sont Jürgen G., condamné en 2002 à 30 ans de prison pour un double meurtre, Kristof V.H., candidat Vlaams Belang aux élections communales de Bree, et Robert Q., soupçonné d'avoir participé au meurtre d'un français de couleur à Bruges en mai 2006.

 

La passivité des autorités et leur réticence à faire appliquer les lois contre le racisme et le négationnisme a interpellé un collectif d'intellectuels flamands. Celui-ci a publié une carte blanche dans le quotidien De Morgen (Lien: Stop aux déclarations d’impuissance vis-à-vis de Blood and Honour) dans lequel il dénonce l'inertie du Ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael (Open VLD, "Démocrates Libéraux Flamands") et du Ministre de la Justice, Jo Vandeurzen (CD&V, "Chrétiens Démocrates et Flamands"). En réponse à une lettre ouverte de l’Antifascistisch front (AFF, Front Anti-Fasciste), le ministre de la Justice Jo Vandeurzen a écrit qu’une réaction judiciaire est essentiellement rendue difficile par l’organisation secrète des activités de Blood and Honour.

 

Le collectif écrit: "Au moment de ses concerts, la police est donc présente mais juste pour réguler la circulation et constater les irrégularités possibles dans les rues avoisinantes ... sans se soucier à aucun moment des "discours de haine" tenus dans la salle louée par l’organisation néonazie. Pourtant, à écouter les paroles des chansons des groupes programmés et les extraits de concerts proposés par Blood and Honour sur YouTube, il est possible de savoir à quoi s’attendre dans la salle de concert: ce sont des appels directs à la haine et à la violence envers les Juifs, les étrangers, les militants de gauche, les homosexuels… C’est un étalage de saluts hitlériens et de symboles historiques du « national-socialisme hitlérien. Tout cela, on a encore pu le voir sur les images filmées secrètement à Malines, Wolfsdonk et Bellegem lors de tels concerts."

 

Ensuite: "Et pourtant, la police n’intervient jamais pour mettre fin à ces rassemblements néonazis ! "Pour ne pas susciter des problèmes", déclarait le bourgmestre de Lebbeke… Nous ne comprenons pas que nos gouvernements permettent à des néonazis de piétiner impunément les lois contre le racisme et le négationnisme et de faire des saluts hitlériens lors de rassemblements proposés par une organisation revendiquant rien moins que le terrorisme contre ses adversaires. Dire que les concerts et cérémonies de Blood and Honour sont « d’ordre privé » ne constitue pas un argument valable ... Pourquoi, par exemple, la police n’est-elle pas intervenue le 6 septembre dernier à Zandvliet (dans le nord d’Anvers), lors d’un de ces concerts néonazis?"

 

Reportage de la RTBF avant le rassemblement néo-nazi du 18 octobre en Région Flamande

 

Publié par Olivier Salomé

12:31 PM GMT  |  Read comments(0)

Déni de droit pour les francophones victimes d'agressions raciales en Flandre

Les agressions raciales contre des francophones se multiplient de façon inquiétante en Flandre. Dans ces circonstances, la réaction des autorités flamandes est particulièrement intéressante à analyser. Je retranscris brièvement ci-dessous un fait divers dévoilé par le quotidien francophone "La Dernière Heure" (lien: La DH: "J'ai parlé francais en Flandre"; De Standaard: Franstalige krant ziet ethnisch geweld), une altercation violente entre enfants pour une question de langue, que le caractère raciste rend particulièrement grave. Ensuite, j’examine la réaction des autorités flamandes et je donne mon éclairage sur les développements ultérieurs possibles de cette affaire à la lumière de la législation actuelle et du comportement qu'on eu les autorités flamandes pour des actes similaires dans le passé.

Sara, 14 ans: 38 coups de cutter pour avoir parlé français dans la rue
Ce fait divers très grave est arrivé vendredi 10 octobre à Kapelle-op-den-Bos, dans la périphérie nord de Bruxelles, arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). Sara, une jeune fille belge de 14 ans qui est parfaitement bilingue, est à l’école secondaire en flamand dans sa commune. Alors qu’elle parlait français avec une amie sur le trottoir à quelques pas de l’école, elle a été prise à partie par une autre élève. "Elle ne supporte pas que je parle à mes amies en français", commente la victime (nb: de nombreuses écoles flamandes interdisent aux enfants les conversations privées en français en dehors de l’école). L'agresseur a utilisé son gsm pour appeller ses amis qui, quelques secondes plus tard, sont venus en nombre.

 

Sara s’est retrouvée encerclée "Je me suis vraiment sentie menacée. J’ai voulu partir mais ils ne m’ont pas laissé faire." explique l'adolescente de 14 ans. Elle avait eu cours de dessin cette journée là et avait donc un cutter sur elle. "C’est idiot, je sais, mais j’ai eu le réflexe de le sortir." Mais "ils étaient loin de moi et la lame n’était pas sortie." Sara laisse tomber le cutter au sol. Quelqu’un a ramassé le cutter … et a sorti la lame. Sara commente: "Ils m’ont tenue. J’ai voulu me débattre. Je sentais que ça brûlait à mes bras. Je pleurais." Et puis, Sara a vu le sang. "Je me suis enfuie et je suis allée à la maison." Mais l’humiliation ne s’est pas arrêtée là: "Ils riaient tous. Il y a même des gens qui ont applaudi."

 

Arrivée chez elle, Sara montre ses plaies, 38 au total, à Wendy, sa maman. Wendy est une francophone qui travaille en Flandre. Wendy a prévenu la police et est allée trouver le directeur de l’école. Et là, c’est l’incompréhension totale. "J’ai déposé plainte", mais "c’est ma fille qui a été renvoyée pour agression ! Le directeur est convaincu qu’elle s’est tailladée elle-même !" Mais si c’est elle-même qui s’était infligé ces blessures, pourquoi donc le directeur aurait-il dit, hier jeudi 16 octobre, à Wendy que Sara ne pouvait pas retourner à l’école pour l’instant car il "ne pouvait pas garantir sa sécurité"?

 

Que faire? Une plainte a donc été déposée mais Wendy a appris qu’en Flandre, la discrimination sur base de la langue n’existait pas. Wendy est désemparée: "Je fais quoi maintenant, moi ? Et ma fille, que va-t-elle devenir?", a-t-elle confié au quotidien. "Je ne sais plus à qui m’adresser. Je cherche un avocat qui pourrait m’aider … "

Le Sint-Godelieve-Instituut de Kapelle-op-den-Bos, l'école où est scolarisée l'adolescente, estime dans un communiqué que le déroulement des faits n'est pas encore clair. Selon le Directeur de l'école, "L'affaire s'est passée en-dehors de l'école et des heures de cours" (ce qui n'empêche pas cette même école d'interdire l'usage du français même en privé en dehors de l'école et en dehors des heures de cours). Il ajoute "Vu les déclarations contradictoires sur le déroulement exact des faits, la direction attend les résultats de l'enquête menée par la police locale avant de se prononcer". Le parquet de Bruxelles a indiqué vendredi qu'il n'était pas au courant de l'incident (qui s'est déroulé une semaine plus tôt!). La police locale de Kapelle-op-den-Bos a de son côté préféré ne pas faire de commentaires.

 

Les querelles communautaires

 

Les débats parlementaires sont très clairs à ce propos : les querelles communautaires ne peuvent pas être tranchées sur la base de la loi contre le racisme. Elle ne peut être appliquée aux Flamands et aux Wallons. Elles relèvent éventuellement de la loi tendant à lutter contre la discrimination lorsque la dimension de la conviction politique est explicite. Mais il n’y a pour ce faire aucune règle générale, chaque situation doit être examinée au cas par cas. Quand il est question de l’expression de certaines opinions, on navigue très rapidement dans les eaux troubles de la "liberté d’expression". Nous avons le droit d’exprimer notre opinion même si celle-ci est considérée comme choquante, blessante ou inquiétante. Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme n’est pas habilité à traiter les discriminations sur la base de la langue (Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme).

 

L'accès la justice en français

 

Bien que sa population soit à 90% francophone la Région de Bruxelles-Capitale est une Région officiellement bilingue français et néerlandais. La loi du 15 juin 1935 relative à l’emploi des langues en matière judiciaire est censée offrir des garanties de procédure en français ou néerlandais, tant au civil qu’au pénal, pour les habitants francophones et néerlandophones domiciliés dans l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde: tout justiciable a donc le droit inconditionnel d'être jugé dans sa langue par un magistrat qui parle la même langue. Ce droit a été confirmé par la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne.

 

Pourtant, de nombreux justiciables francophones de l'arrondissement judicaire de Bruxelles-Halle-Vilvorde, se voient refusés l'accès à la justice dans la langue française par des juges flamands qui n'hésitent plus à faire des faux en écriture pour motiver leur décision (Lire aussi Justice à Bruxelles: la français refusé). Dans son rapport annuel de 2005, le Barreau de Bruxelles indiquait déjà, "Toutefois, dans la pratique, les plaideurs constatent qu’il n’est pas simple, devant certaines juridictions, d’obtenir le respect de ces droits élémentaires." Bien plus qu'une question linguistique, c'est la démocratie qui est ici en jeu et le respect des Droits de l'Homme (Liens: Le Barreau: les droits des francophones sont bafoués; Des juges flamands refusent le français à Bruxelles).

 

Les enquêtes de police

De nombreux témoignages attestent que la police flamande adopte une attitude partisane à l'encontre des francophones de Belgique: passivité de la police (qui refuse d'intervenir dans le cas d'agressions ou d'accidents), falsification de procès-verbaux (PV) d'audition, simulacre d'interrogatoires, rapports de police bidons, amendes arbitraires, faux témoignages, complicité avec les agresseurs, et parfois même des actes de violence gratuits tels que des agressions verbales et physiques de francophones. (Lire aussi Police et Justice flamande: outils de discrimination raciale). La police flamande est aujourd'hui un véritable outil de discrimination raciale qui agit dans l'impunité la plus totale. Un francophone, même parfait bilingue, n'a plus aucun droit en Flandre - La Belgique n'est plus un Etat de Droit.

 

L'attitude du Directeur d'école

L'attitude de Daniël Verelst, le directeur de l'école Sint-Godelieve-Instituut de Kapelle-op-den-Bos, le montre: peu importe à ses yeux que des élèves de son école aient éventuellement torturé une jeune fille. La seule chose qui compte est que la victime Francophone ne soit plus dans son école, même si elle est parfaitement bilingue. Elle a donc fauté parce qu'elle est francophone. On note aussi qu'avant d'avoir pris connaissance des différents éléments de cette affaire, Daniël Verelst, déclare que la jeune francophone s'est elle-même tailladé l'avant-bras. Aujourd'hui, cet individu refuse de confirmer sa première version de l'incident, auquel il n'a d'ailleurs pas assisté. Il insiste sur le fait que les enfants ont donné des versions contradictoires. Evidemment, on imagine mal les agresseurs flamingants confirmer avoir torturé et humilié publiquement cette jeune fille.

 

Publié par Olivier Salomé

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Citations et opinions cinq étoiles de Flamands

La seconde partie de cette rubrique "citations et opinions cinq étoiles" est consacrée aux déclarations d'hommes et de femmes flamands issus du milieu du journalisme ou membres de la société civile. Un festival de mensonges, de niaiseries, ou de propos blessants ou d'une bêtise édifiante. A placer dans le contexte actuel de la crise communautaire que traverse la Belgique et des graves violations des Droits de l'Homme commises par les autorités flamandes qui sont largement documentées sur ce blogue. Notez que les immigrants dont il est question dans les citations ci-dessous sont les francophones. Parce que nous sommes des immigrants dans notre propre pays et sur notre propre territoire, que la Flandre nous a volé en 1962.

 

Jan Baert, abbé de la paroisse Sainte-Barbe, dans De Standaard du 14/10/2008, qui s'exprime sur son refus de célébrer les funérailles bilingues d'un de ses paroissiens à Rhode-Saint-Genèse, commune à facilités linguistiques: "Si demain une famille anglaise ou chinoise se présente, alors je dois aussi pouvoir parler l’Anglais ou le Chinois?"
Philippe Van Parijs, Professeur à l’Université Catholique de Louvain, dans le Vif/L'express, du 25/06/04: "Oui, il (le gouvernement flamand) peut appliquer le principe de territorialité linguistique. Cela signifie que tous les immigrants sont les bienvenus, mais que, s'ils veulent s'installer sur le territoire, ils doivent avoir le courage et l'humilité d'apprendre la langue locale. (...) les facilités me paraissent une bonne chose, à condition qu'elles soient perçues comme transitoires. Quand on a tracé la frontière linguistique, certaines personnes se sont trouvées du mauvais côté. Il était donc tout à fait légitime de leur octroyer des facilités (...). Par contre, il n'est pas sage d'avoir généralisé ce privilège à tout nouvel arrivant. Plus de 70 % des habitants des communes à facilités n'y sont pas nés."

 

Yves Desmet, rédacteur en chef du Morgen dans Le Soir du 27/10/07: "L'exigence la plus nationaliste, celle de l'extension de son propre territoire, vient du côté francophone, pas du côté flamand."

 

 

Yves Desmet, sur la non nommination des bourgmestres francophones démocratiquement élus dans les territoires occupés de la périphérie bruxelloise, dans De Morgen du 15/04/08: "Leur nouvelle candidature n’est rien d’autre qu’une provocation de plus, un refus manifeste d’accepter la loi. La démocratie commence avec le respect des règles et de l’Etat de Droit. C’est pour cela que ces bourgmestres n’ont pas été nommés, pas parce qu’ils sont francophones."

 

Geert Buelens, écrivain, dans Knack du 03/09/08: "Je suis partisan d’une conférence nationale sur ce passé. Laissons des politiques et historiens wallons s’asseoir autour d’une table avec leurs collègues flamands et, par exemple, reconnaître que leur communauté a traité les flamands de façon injuste."

 

Mia Doornaert, journaliste, dans De Standaard du 12/09/08: "Celui qui n’est pas assez fort dans sa langue, aura aussi difficile à penser de manière indépendante, et à tenir un débat argumenté. L’usage impropre de la langue mène à la pensée impropre. C’est de plus un requis démocratique pour tous les enfants, et tous les immigrés, leur donner une langue dans laquelle ils peuvent se retrouver dans tout le territoire néerlandophone".

 

Urbain Vandeurzen, Président de l’association patronale flamande VOKA, dans De Tijd du 04/096/2008: "Notre conseil au gouvernement flamand est: ne soyez pas naïf: Alors qu’il semble que les francophones laissent les choses s’endormir, ne vous aventurez pas dans une stratégie du pourrissement."

 

 

Urbanus, comédien, dans De Standaard du 19/07/08: "Pour une sur-injection de 10 milliards d’euros annuels vous pouvez bien dire une fois merci aux petits flamins (en français dans le texte). D’ailleurs, quand pensez-vous rembourser ce prêt ? Plus patient qu’Yves Leterme vous ne rencontrerez plus, notre judoka a déjà noué sa ceinture noire."

 

Jan Renders, ACW, organisation des employés chrétiens, dans De Standaard du 19/07/08: "La connaissance de la langue est chez nous un défi bien plus grand que dans les autres pays. Elle est importante socialement, pour l’intégration et le dialogue. C’est pour cela qu’elle doit être une exigence, dans le Wooncode ou pour l’achat d’habitations à Zaventem."

 

Luc Van Der Kelen, éditoraliste, dans Het Laatste Nieuws du 11/07/08: "Il y a dans la Belgique Française une surenchère à décrire la Flandre comme égoïste, arrogante, discriminatoire, et même pire, nazie ou raciste. Les politiques francophones nous dépeignent de façon négative à l’étranger … Les Francophones de ce pays devraient une fois comprendre qu’ils ont un partenaire unique: je ne connais aucun autre peuple qui a renoncé à sa majorité, et s’il y a aujourd’hui des tentatives à exercer la loi du nombre, c’est parce qu’à la suite de 10, 15 années de demandes, de requêtes, seul un non a suivi.

 

Boudewijn Van Peteghem, journaliste politique dans Trends du 30/06/08: "Maingain ferait mieux de s’occuper des 20% de chômeurs dans sa Région de Bruxelles, qu’il regarde la province environnante du Brabant Flamand, qui compte à peine 4% de chômeurs. Sur ce point, on ne l’entend pas. On ne doit même pas s’en étonner, parce qu’il a trop arrogance communautaire. Les flamands sont sa raison de vivre. Mais pas le chômage à Bruxelles."

 

Paul Geudens, éditorialiste, dans la Gazet van Antwerpen du 26/06/08: "Celui qui se sent chez lui au niveau économique et social, celui qui veut le meilleur pour ses enfants, celui qui ne veut pas être discriminé, doit apprendre à parler la langue de son environnement … la moitié du chômage à Vilvorde est lié à une mauvaise connaissance du néerlandais … Demander aux habitants de la Flandre de parler le néerlandais n’est pas une discrimination, mais uniquement un remède contre la discrimination."

 

Philippe Van Den Abeele, rédacteur, sur Philippe Moureaux (socialiste bruxellois francophone) dans In Flanders Fields du 20/06/08: "la traduction de "Vive la Belgique" est en fait "nous voulons plus d’argent" - La Flandre et les Flamands ne l’intéressent pas, mais bien l’argent."

 

Gravensteengroep, groupe d'intellectuels dits progressistes, Premier Manifeste: "La Belgique souffre d'un maque de solidarité politique … Les politiques francophones ont de nouveau porter à l’attention du Conseil de l’Europe un certain nombre de décisions du Parlement Flmand et du Gouvernement Flamand. Les Nations Unies ont aussi été impliquées dans ce processus. Ce sont des faits alarmants. Les points de vue flamands raisonnables et justes ont été constamment associés avec un héritage extrémiste … Ces assertions dépourvues d’esprit critique créent un climat dans lequel les Flamands sont présentés comme des gens désagréables. Il y a des Francophones qui maintenant se réjouissent parce qu’on pense dans le monde "La Flandre est raciste". Comme si eux n’avaient pas de pensée raciste. De telles pratiques gâchent les fréquentations entre Flamands et Francophones."

 

Luckas Vander Taelen, journaliste dans De Morgen du 29/04/08: "Alors que le monde autour d’eux devient toujours plus polyglotte, les jeunes francophones grandissent dans un monde artificiellement unilingue. Ainsi grandissent les jeunes bruxellois avec une image du monde déformée et l’illusion que tout le monde comprend le français. Grand sera le dégrisement quand ils vont découvrir à 18 ans qu’ils ne trouvent pas de travail parce qu’ils ne parlent que le français. La défense correcte de la culture française ne peut tout de même pas voir d’excuses pour condamner sa propre population à la marginalité."

 

Eric Donckier, journaliste dans Het Belang Van Limburg du 02/04/08: "L’assurance-santé flamande qui est obligatoire pour les flamands et facultative pour les bruxellois, est un rêve dans l’œil des francophones … la loyauté mutuelle est bien éloignée … La seule solution possible est une réforme de l’Etat imposée où les affaires de différents domaines, aussi la sécurité sociale, sont scindées. .. Si cela ne se produit pas, alors on risque une implosion du pays."

 

Luc Van Der Kelen, dans Het Laatste Nieuws du 13/03/08, à propos de la condamnation de la Flandre pour racisme par les Nations Unies: "Le Wooncode flamand demande aux locataires d’une habitation sociale qu’ils fassent de leur mieux pour connaître le néerlandais pour encourager l’intégration. Les Nations-Unies devraient féliciter la Flandre parce que notre communauté construit des habitations sociales où les demandeurs d’asile du monde entier peuvent habiter dans des circonstances qu’ils n’ont jamais connues dans leur vie."

 

Prof. Marc De Vos, Directeur du centre de recherche "Itinera Institute", dans De Tijd du 20/02/08: "L’intégration et l’assimulation sont pour moi intrinsèquement liées. Des immigrants qui s’intègrent au niveau social et économique, sont spontanément absorbés après plusieurs générations par leur nouvelle patrie .."

 

Paul Geudens, journaliste, dans la Gazet van Antwerpen du 14/01/08: "Les francopjones doivent savoir une bonne fois pour toute ce qu’ils veulent. Ou ils choisissent l’argent flamand, et alors ils se soumettent inconditionnellement à toutes les lois linguistiques et à une régionalisation approfondie des compétences, ou ils continuent à faire les fiers obstinément, mais alors ils laissent éclater le pays."

 

Yves Desmet, dans De Morgen du 16/11/2007, “Les politiques francophones sont unis dans leur désapprobation du ministre flamand des affaires intérieurs Marino Keulen de ne pas nommer les trois bourgmestres francophones. Cela s'appelle "un déni des francophones et de la démocratie" ... Depuis quand la démocratie et le droit de vote servent d'excuses à ne pas respecter la loi?"

 

Victor Irving Spoormaker, écrivain dans De Standaard du 09/11/07: “Le vrai problème dans la formation belge ne se trouve pas tant dans la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde (d’ailleurs à juste titre) mais bien plus : l’argent. La répartition est là particulièrement biaisée. La Flandre paie annuellement un large 10 milliards d’euros à la communauté française, sans que cela ait le moindre effet ou même seulement un mort de remerciement."

 

Dirk Volckaerts, éditeur, dans Brussel Deze Week du 3/10/07: "Malgré le fait que leurs propres électeurs francophones veulent et agissement autrement, les politiques locaux essaient encore toujours de toutes les manières possibles de réduire le caractère constitutionnel bilingue de la capitale. … Doit-on alors s’étonner que les jeunes du Quick ne savent même pas comprendre ‘Een hamburger en een cola alstublieft”".

 

Publié par Olivier Salomé

 

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La commune d'Overijse a décidé de s'attaquer aux morts francophones

Overijse est une commune flamande de 24.000 habitants située dans la périphérie sud-est de Bruxelles. En février 2008, cette commune s’était déjà distinguée en demandant à un fonctionnaire européen qui avait mis sa maison en vente de retirer le panneau "For Sale" qu’il avait apposé sur sa façade à côté du panneau "Te Koop" ("A Vendre"; Lien: L'anglais est aussi hors-la-loi à Overijse). Fin octobre 2007, une entreprise avait été obligée de retirer son enseigne bilingue. En juin 2008, la commune avait ouvert une centrale de dénonciation de toutes les communications faites dans d’autres langues que le néerlandais. "Quand on habite en Flandre, on est flamand", avait résumé Dirk Brankaer, le bourgmestre CD&V (Chrétiens Démocrates et Flamands). Un restaurateur local avait reçu une lettre: "Nous constatons que votre enseigne est unilingue anglais "Thai Take Away". Nous voudrions vous demander de changer ce texte en "Thai meeneemrestaurant"." (Lien: Large soutien politique flamand à la purification linguistique).

La commune d'Overijse a cette fois décidé de s'attaquer aux morts. Henri Astier, l’envoyé spécial de la BBC en Belgique, n’en revient d'ailleurs toujours pas (Lien: BBC: La guerre des mots dans une Belgique divisée): "Quand Fernand Herman est décédé en 2005, sa veuve pensait à un épitaphe approprié pour le précédent chef de cabinet belge et député européen: "L'Europe est ma patrie". Mais le directeur des funérailles l’a avertie que les autorités d’Overijse, une ville flamande, réagirait négativement par rapport au projet d’installer une tombe en français. Rudy Herman a suggéré que le latin "Europa patria mea" était acceptable. Son mari est probablement le seul francophone enterré dans le cimitière et dont on se rappellera davantage que du nom et deux dates. Comme de nombreuses autres communes près de Bruxelles, Overijse prend la langue très au sérieux.".

 

Fernand Herman, ancien ministre et ancien parlementaire - tant au Parlement Belge qu'au Parlement Européen - est décédé à l'age de 73 ans, le 4 avril 2005. Membre du Parlement Européen de 1979 à 1999, Fernand Herman était un européen convaincu. Les autorités flamandes d'Overijse ont refusé un épitaphe en français "L'Europe est ma Patrie".

 

Toujours sous la houlette de son bourgmestre Dirk Brankaer, la commune d’Overijse avait décidé le 10 mars 2008 de remplacer l’actuelle plaque commémorative du monument dédié à l’exploit de deux pilotes belges francophones par une plaque exclusivement en néerlandais. Il s'agit de la stèle qui évoque l’exploit de Léon Divoy et de Mike Donnet qui ont réussi, le 4 juillet 1941, à réparer un avion (un SV-4), à s’envoler du château de Ter Block, dans la Forêt de Soignes, alors occupé par les Allemands et à rejoindre la Grande-Bretagne, le tout au nez et à la barbe des nazis. Ils emportèrent avec eux des plans de plusieurs aérodromes allemands qui intéressèrent fort les Anglais. Cet exploit ne sera désormais plus signalé sur place qu’en néerlandais alors que les deux aviateurs concernés étaient tous deux francophones (Lire aussi: Libération: clochemerle sur Overijse).

 

La stèle qui commémore l’événement a été dévoilée par le président des évadés de guerre, Monsieur Fourmanoit. Overijse a supprimé l’inscription en français alors que les deux aviateurs belges étaient tous deux belges francophones. Un manque de respect des anciens et notamment de ceux qui ont combattu pour notre liberté.

Publié par Olivier Salomé

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Episodes précédents de "Belgique, Ton Univers Impitoyable"

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Bonne lecture!

 

 

 

 

 

 

 

Presse Internationale

 

Article du New-York Times 

 

De Gucht vu par le Nouvel Obs

 

La célèbre interview de Leterme (Libération)

 

Le corridor (Le Monde)

 

Les coulisses de Bruxelles (Libération)

 

Situation belge (Herald Tribune)

 

 

 

 

 


 

Le message du jour

 

"Ah oui, là le gros Bart s'est lâché grave, on a vu sa vraie face de séparatiste qu'il cache habituellement précautionneusement aux médias belges francophones. Je suis bilingue et je regarde et je lis beaucoup ! Vous devriez voir la langue fourchue de certains selon la langue du média auquel ils s'adressent. Je vais pas dire que Bart De Wever, c'est un loup déguisé en mouton, nooon, ce serait excessif...Bart De Wever, c'est le Vlaams Belang déguisé en porc."

 

Frank Zippo sur RTLinfo.be